ÉTAT IMPOSE
Adopté en Conseil des ministres le 4 juin 2025, le projet de loi sur la réforme des partis politiques entend profondément rebattre les cartes du jeu démocratique gabonais. Parmi les mesures phares, l’obligation faite aux formations politiques de participer aux scrutins électoraux, sous peine de radiation après deux élections consécutives sans candidature.
« l’obligation de participation électorale, sous peine de perte du statut légal après deux scrutins consécutifs sans candidature »
souligne le communiqué du Conseil des ministres du 4 juin 2025.
Fini les partis poids plume sans ancrage réel. Le gouvernement passe désormais les formations au crible, scrutant à la loupe leur activité. L'objectif est faire le ménage parmi les « vendeurs d’illusions », ces structures devenues, pour certains, un simple moyen de s’enrichir ou un parachute pour bons parleurs en mal de légitimité.
Derrière cette réforme, une volonté affirmée. Il est question d'assainir le paysage politique, souvent parasité par des coquilles vides qui pullulent et encombrent le débat public. En ligne de mire, les profiteurs et autres porte-voix opportunistes qui, sans programme ni idéologie, aspirent seulement à exister dans les sphères du pouvoir.
Outre l'obligation de participation électorale, les partis devront justifier de 9 000 adhérents, tenir une comptabilité certifiée par la Cour des comptes et disposer d’un compte bancaire. Autant de garde-fous contre l’arnaque politique et les structures fantômes.
Cette réforme ambitieuse est le signe d'une rupture. Celle d’un système partisan laxiste vers un modèle plus exigeant, plus représentatif, et surtout plus responsable. Une transition difficile pour certains, une pilule amère, mais nécessaire pour que la démocratie gabonaise ne soit plus l’otage de formations factices. L’État met ainsi dans le collimateur tous les « canards boiteux » du paysage politique, pour ne garder que les partis capables de porter, avec sérieux, les aspirations des citoyens.