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SUICIDE DES JEUNES, COMPRENDRE LES CAUSES, LES CONSÉQUENCES ET AGIR POUR PRÉVENIR

SUICIDE DES JEUNES, COMPRENDRE LES CAUSES, LES CONSÉQUENCES ET AGIR POUR PRÉVENIR
Suicide des jeunes au Gabon : causes, conséquences et prévention pour les familles et sociétés

Au Gabon, une série noire frappe de plus en plus les jeunes, tant les garçons que les filles, qu’ils soient collégiens, étudiants ou jeunes travailleurs. Le phénomène du suicide, qui touche une tranche d’âge autrefois épargnée, est aujourd’hui une cause de préoccupation majeure pour les autorités, les familles et la société dans son ensemble. De plus en plus de jeunes choisissent de se donner la mort, poussés par des causes variées et souvent difficiles à identifier. Chaque année, le pays enregistre au moins un cas de ce type. Cette tragédie silencieuse soulève de nombreuses questions sur la santé mentale, les pressions sociales et familiales, et les défis auxquels les jeunes gabonais sont confrontés.


Une montée alarmante du suicide chez les jeunes


Les statistiques sur le suicide au Gabon, bien que difficiles à obtenir en raison de la stigmatisation qui entoure ce sujet, révèlent une tendance inquiétante. Les jeunes, en particulier les adolescents et les jeunes adultes, sont de plus en plus nombreux à tenter de passer de vie à trépas. Cette problématique touche indifféremment les garçons et les filles, bien que les raisons qui poussent ces derniers à une telle extrémité varient en fonction du sexe, de l'âge et du milieu socio-économique. Les collégiens et étudiants, en particulier, se trouvent souvent à un carrefour de leur vie, où la pression scolaire, les attentes familiales et les angoisses existentielles se mélangent et créent un cocktail dévastateur.


Les causes et les raisons du suicide chez les jeunes


Les raisons qui poussent ces jeunes à choisir de se donner la mort sont multiples et complexes. Elles sont souvent liées à des facteurs internes (psychologiques, émotionnels) ainsi qu’à des pressions extérieures (familiales, sociales et scolaires).


La pression scolaire et académique


Le système éducatif gabonais, bien qu'il ait fait des progrès ces dernières années, demeure extrêmement compétitif. Les attentes en matière de réussite scolaire sont énormes, et les élèves ressentent un stress constant pour obtenir des résultats qui non seulement affecteront leur avenir professionnel, mais qui définiront aussi la réputation de leurs familles. Les jeunes peuvent ainsi se retrouver accablés par la peur de l’échec, parfois sans savoir comment faire face à cette pression. Ceux qui ne réussissent pas à atteindre les objectifs scolaires imposés par leurs parents ou leur société se sentent souvent honteux et incapables.


Les tensions familiales et les attentes sociales


Les jeunes gabonais sont aussi confrontés à des attentes énormes de la part de leurs familles. Les parents, en particulier les pères, ont souvent des ambitions pour leurs enfants et veulent qu’ils réussissent à tout prix, parfois au détriment de leur bien-être mental et émotionnel. Les mères, quant à elles, veulent souvent voir leurs enfants réussir, mais elles sont parfois prises dans des conflits familiaux qui exacerbent les sentiments d’insécurité des jeunes. Les jeunes filles, par exemple, peuvent se sentir piégées par des traditions ou des attentes sociales concernant leur rôle dans la société, leur éducation et leur avenir.


La solitude et l’isolement


Beaucoup de jeunes souffrent également d’un sentiment de solitude et d’isolement, exacerbés par les difficultés sociales et économiques. Bien qu'il existe des espaces pour se divertir, la pression sociale et l'isolement créé par des problèmes familiaux ou scolaires peuvent pousser les jeunes à chercher une issue de secours dans la mort. Les réseaux sociaux, bien qu'ils offrent des opportunités de communication, peuvent également jouer un rôle négatif en amplifiant les insécurités et en exacerbant les sentiments de rejet ou de non-appartenance. Lesdits réseaux sociaux ont été suspendus par le gouvernement.


La santé mentale et les troubles psychologiques


Les troubles mentaux, tels que la dépression, l’anxiété, le stress post-traumatique et les troubles de l’image corporelle, les stupéfiants, sont des facteurs souvent négligés mais omniprésents dans la vie des jeunes. Malheureusement, la prise en charge de la santé mentale au Gabon est encore insuffisante, et beaucoup de jeunes, surtout dans les zones rurales, n’ont pas accès à un accompagnement psychologique. Les symptômes de la dépression sont souvent mal compris ou ignorés, et les jeunes se retrouvent pris dans un cycle où leurs souffrances sont minimisées ou incomprises.


Un impact profond sur les familles


Lorsqu’un jeune choisit de se donner la mort, les répercussions sont dramatiques non seulement pour lui-même, mais aussi pour son entourage, en particulier ses parents et sa famille immédiate.


L’impact sur les pères


Les pères sont souvent comme les « piliers » de la famille. Ils portent des attentes lourdes à l’égard de leurs enfants et peuvent avoir du mal à gérer le décès ou la tentative de suicide de l’un d’eux. La culpabilité qui les envahit peut être accablante. Se demandent-ils s’ils ont fait quelque chose de mal en tant que parents ? Ont-ils été trop exigeants ? Cette pression constante peut avoir des conséquences sur leur santé physique et mentale, menant à une dépression ou à un sentiment d'impuissance difficile à surmonter.


L'impact sur les mères


Les mères, quant à elles, sont souvent les premières à ressentir le vide laissé par leur enfant. Constamment en sanglots, elles se sentent responsables de la douleur vécue par leur enfant et ont souvent du mal à accepter qu’elles n’aient pas pu prévenir cette tragédie. Leur douleur est également exacerbée par le regard social, qui peut les juger durement. Dans une société où la réussite des enfants est considérée comme une réussite parentale, la perte d’un enfant par suicide peut être interprétée comme un échec personnel, même si les raisons de cette tragédie sont bien plus profondes et complexes.


L'impact sur les autres membres de la famille 


Les familles élargies, les amis et les collègues, qui partagent des moments précieux avec le jeune, sont eux aussi profondément affectés par cette perte. Les questions sans réponses peuvent les tourmenter longtemps. Pourquoi n’ont-ils rien vu venir ? Pourquoi n’ont-ils pas pu aider ? Le manque de communication ou le tabou autour du suicide rend le deuil d’autant plus difficile. Parfois, des tensions peuvent même apparaître au sein des familles, les membres se sentant coupables de ne pas avoir été plus attentifs à la souffrance du jeune.


La société face à cette tragédie : de la prévention à l'action


Il est temps que la société gabonaise prenne conscience de la réalité du suicide chez les jeunes et mette en place des politiques publiques pour prévenir ces drames. Une meilleure prise en charge de la santé mentale, une éducation à la gestion du stress et des émotions, ainsi qu’un meilleur soutien aux familles peuvent aider à briser ce cycle tragique. Les écoles et les universités doivent jouer un rôle essentiel dans la détection précoce des signes de détresse chez les élèves et les étudiants.


Les parents, quant à eux, doivent prendre conscience de l'importance de la communication ouverte avec leurs enfants, de leur offrir un soutien sans condition, et de comprendre que les pressions sociales et scolaires peuvent avoir des conséquences dramatiques. La société doit créer un environnement où la souffrance mentale est reconnue et où les jeunes peuvent chercher de l’aide sans craindre d’être jugés.


Prévenir plutôt que guérir


Le suicide des jeunes au Gabon est un problème grave qui mérite une attention immédiate. La souffrance psychologique et émotionnelle des jeunes doit être prise au sérieux, et il est crucial de briser les tabous qui entourent la santé mentale. Le suicide n'est pas une issue, mais une tragédie qui laisse derrière elle des vies brisées. Il est essentiel que les jeunes puissent goûter aux plaisirs et aux joies de la vie, et que la société leur offre les outils nécessaires pour surmonter les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Les pères, les mères, les familles, et la communauté doivent travailler ensemble pour prévenir ces drames et offrir aux jeunes l’espoir d’un avenir meilleur.


Les suicides touchent principalement les jeunes de 15 à 24 ans


Les statistiques sur le suicide des jeunes au Gabon sont préoccupantes, bien que les chiffres précis varient selon les sources. Selon les données de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ 800 000 personnes meurent chaque année par suicide, dont une proportion significative est constituée de jeunes adultes et adolescents. Au Gabon, des études locales ont révélé que les suicides touchent principalement les jeunes de 15 à 24 ans. Une enquête menée en 2020 a estimé qu'environ 10% des collégiens et étudiants gabonais envisagent sérieusement de mettre fin à leurs jours, un chiffre qui continue d'augmenter.


 

Par Pamphil

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