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SANTÉ MENTALE, ENTRE VOLONTÉ PUBLIQUE ET RÉALITÉS DE TERRAIN

SANTÉ MENTALE, ENTRE VOLONTÉ PUBLIQUE ET RÉALITÉS DE TERRAIN
Réunie sous la présidence d’Hermann Immongault, la rencontre sur la santé mentale a souligné la volonté de la ministre Elsa Joséphine Ayo Bivigou de favoriser la réinsertion des personnes vivant avec des troubles mentaux, malgré les défis du terrain.

Au Gabon, la ministre de la Santé, le Pr Elsa Joséphine Ayo, épouse Bivigou, plaide pour une véritable réinsertion des personnes vivant avec des troubles mentaux dans la société.
Selon elle, leur prise en charge ne doit pas se limiter à l’hospitalisation, mais doit aussi permettre leur réintégration sociale et professionnelle.


Une démarche qui pose une question essentielle, qui oppose l’ambition à la réalité que présente le terrain.


 L’ambition face à la réalité 


L’ambition affichée par le ministère de la Santé est louable, sortir les personnes vivant avec des troubles mentaux de l’errance et leur permettre de retrouver progressivement une place dans la famille et dans la société. La ministre de la Santé, Pr Elsa Joséphine Ayo Bivigou, défend ainsi une prise en charge qui ne se limite plus à l’hospitalisation, mais qui doit aller jusqu’à la réinsertion sociale et professionnelle. Mais entre l’ambition et la réalité du terrain, l’écart reste important. Sachant que la réinsertion doit passer par le traitement, il faut noter que le Centre national de santé mentale de Melen fait face à des capacités d’accueil limitées, au point que son renforcement et son extension sont aujourd’hui présentés comme une urgence. La réinsertion suppose donc davantage que la volonté politique : elle nécessite des, des  structures adaptéesplaces disponibles, des professionnels suffisamment nombreux et formés, un suivi après l’hospitalisation et l’implication des familles. Autrement dit, réinsérer oui, mais avec quels moyens ? C’est sur cette capacité à transformer l’ambition en dispositif concret et durable que se jouera la réussite de cette politique.


Une scène de déjà vu 


La volonté de réinsérer les personnes vivant avec des troubles mentaux au Gabon relance un débat déjà ancien. En juillet 2020, alors ministre de la Santé, le Dr Guy Patrick Obiang Ndong avait ordonné le transfert des personnes errant dans les rues de Libreville vers le Centre national de santé mentale de Melen, avec l’objectif d’améliorer leur prise en charge. L’opération avait effectivement commencé, mais elle s’était ensuite heurtée aux limites de la structure d’accueil, notamment sa capacité et ses ressources. Depuis, la question reste donc entière : peut-on parler de réinsertion si les conditions d’accueil et de suivi ne sont pas suffisamment réunies ? Avant de sortir les patients de la rue, encore faut-il disposer de structures adaptées, de places suffisantes, de médicaments et, surtout, d’un personnel médical, psychologique et social en nombre suffisant et correctement formé.

Par NYANGUI

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