CONSTANT MUTAMBA REJETTE SA CONDAMNATION ET DÉNONCE UN "COMPLOT POLITICO-JUDICIAIRE"
Dans une lettre manuscrite datée du 20 septembre 2026 et adressée au peuple congolais ainsi qu’aux peuples d’Afrique, il affirme être victime d’un "complot politico-judiciaire" qu’il attribue à l’entourage du président Félix Tshisekedi. Cette accusation relève de sa version des faits et n’est pas établie par la décision judiciaire.
La Cour de cassation a condamné Constant Mutamba le 18 septembre à dix ans de travaux forcés pour détournement de deniers publics dans le dossier du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC, le FRIVAO. Son coaccusé, Chançard Bolukola, ancien coordonnateur intérimaire du Fonds, a été condamné à sept ans de travaux forcés. La juridiction a également prononcé plusieurs peines complémentaires, dont des restrictions liées aux droits politiques et à l’accès aux fonctions publiques.
Mutamba conteste la procédure
Dans sa lettre, l’ancien garde des Sceaux remet en cause aussi bien les faits retenus contre lui que le déroulement de la procédure. Il affirme notamment que son procès aurait été expéditif, qu’aucun témoin n’aurait comparu et qu’aucune preuve matérielle de détournement n’aurait, selon lui, été produite devant la Cour. Il présente cette condamnation comme la poursuite d’une offensive judiciaire engagée contre lui depuis 2025.
Ces affirmations s’opposent directement aux conclusions de la Cour de cassation, qui a déclaré établies les infractions de détournement de deniers publics. L’Agence congolaise de presse rapporte que la juridiction a notamment retenu plusieurs opérations portant sur 1,5 million de dollars, 250 000 dollars et 284 238 dollars.
14 millions, 4 millions et documentaire : sa version des fonds contestés
Constant Mutamba livre également sa propre lecture des principaux montants au centre du dossier FRIVAO. Il affirme que les 14 millions de dollars évoqués dans la procédure "n’ont jamais été décaissés". La Cour a, de son côté, ordonné la mainlevée sur cette somme et son retour sur le compte du FRIVAO.
Concernant les 4 millions de dollars affectés à l’Institut congolais pour la conservation de la nature, l’ancien ministre soutient que ces fonds sont gérés par l’ICCN pour la réhabilitation du zoo de Kisangani et que les travaux seraient toujours en cours. Il affirme par ailleurs qu’un documentaire d’une heure et quinze minutes a été réalisé pour 650 000 dollars.
Mutamba rejette ainsi l’idée selon laquelle environ 20 millions de dollars auraient été détournés. Il insiste également sur le statut du FRIVAO, qu’il présente comme un établissement public autonome, estimant que le ministre de la Justice n’en était pas le gestionnaire direct.
Un dossier désormais autant judiciaire que politique
L’affaire prend ainsi une nouvelle dimension. D’un côté, une décision de justice désormais prononcée retient la culpabilité de l’ancien ministre. De l’autre, Constant Mutamba refuse cette lecture et inscrit sa condamnation dans un affrontement politique, en accusant des proches du pouvoir de chercher à neutraliser ses ambitions.
À ce stade, ces accusations politiques restent celles de Constant Mutamba. Aucun élément indépendant cité dans les sources consultées ne permet d’établir que l’entourage du président Tshisekedi aurait effectivement orchestré la procédure judiciaire. La lecture complète des motifs de l’arrêt reste donc essentielle pour confronter précisément la défense de l’ancien ministre aux éléments retenus par la Cour.