COMPLOT OU NÉGLIGENCE ?
Les images du sinistre témoignent de la violence des flammes. Toiture ravagée, charpente brûlée et salles fortement endommagées. Le bilan matériel communiqué fait état de quatre salles de classe perdues.
Une origine qui change la donne
Cette nouvelle information écarte, à ce stade, l’hypothèse d’un incendie directement déclenché à l’intérieur du lycée. Mais elle ne met pas fin aux interrogations. Dans un pays où les coïncidences alimentent rapidement les soupçons, le fait que le sinistre survienne à la veille de la reprise des cours nourrit déjà certaines spéculations.
Sabotage ? Accident agricole ? Négligence ? Rien ne permet actuellement d’accuser qui que ce soit. Une enquête devra établir précisément les circonstances dans lesquelles le feu de brousse s’est déclaré, sa propagation et les éventuelles responsabilités.
La prévention en question
Si l’administration du lycée n’est pas à l’origine du feu, elle demeure concernée par la question de la prévention et de la protection des infrastructures scolaires. Des dispositifs existaient-ils pour limiter les risques liés aux feux de brousse ? Les abords de l’établissement étaient-ils suffisamment dégagés et entretenus ? Les autorités locales avaient-elles pris des mesures face aux activités agricoles pratiquées à proximité ?
Le drame pose également la question plus large de l’entretien des établissements scolaires de l’intérieur du pays. Un feu mal maîtrisé peut rapidement devenir incontrôlable lorsqu’il rencontre une végétation sèche ou des infrastructures vulnérables.
Sortir du soupçon
L’incendie de Booué ne doit donc être ni transformé en théorie du complot sans preuve, ni considéré comme une simple fatalité. Il faut établir les faits, déterminer les responsabilités et surtout identifier les mesures qui auraient pu empêcher la propagation des flammes.
Car la question essentielle n’est peut-être plus seulement. Qui a provoqué l’incendie ? Mais aussi. Qu’aurait-on pu faire pour l’empêcher d’atteindre le lycée ?