CONGO-B : INTERNET COUPÉ EN PLEINE PRÉSIDENTIELLE, LA TRANSPARENCE DU SCRUTIN REMISE EN CAUSE
La présidentielle au Congo-Brazzaville s’est déroulée dans un climat de fortes interrogations, après une coupure des communications internet et téléphone survenue dimanche, jour du scrutin. Une situation qui a compliqué le suivi du vote par les candidats, les observateurs et une partie de la société civile.
Alors que le président sortant Denis Sassou Nguesso, 82 ans, brigue un cinquième mandat consécutif après 41 années cumulées au pouvoir, la commission électorale s’est pourtant félicitée du bon déroulement des opérations électorales.
Son président, Henri Bouka, a estimé que le scrutin s’était déroulé de manière satisfaisante, minimisant les retards observés à l’ouverture de certains bureaux de vote. Selon lui, plus de trois millions d’électeurs étaient inscrits sur les listes.
Il a également assuré que l’élection avait été bien organisée et transparente, affirmant que les résultats à venir refléteraient fidèlement le choix exprimé dans les urnes.
Mais cette lecture est loin de faire l’unanimité. La coupure des télécommunications, intervenue sans annonce préalable, a empêché de joindre plusieurs candidats ainsi qu’une partie des acteurs de la société civile. Même lundi, le réseau n’était pas encore totalement rétabli.
Pour de nombreux observateurs, cette interruption a fortement réduit la capacité des citoyens à suivre et documenter le déroulement du scrutin en temps réel, nourrissant les soupçons sur la transparence électorale.
À Pointe-Noire, Christian Mounzeo, coordonnateur de la coalition Tournons la page, dénonce un très mauvais signal envoyé aux électeurs. Selon lui, rien ne justifiait de priver les Congolais de leurs moyens de communication durant une journée aussi importante pour la démocratie.
Dans un contexte où aucun poids lourd de l’opposition n’était réellement en lice, cette coupure vient renforcer les critiques autour d’un scrutin dont l’issue semble, pour beaucoup, déjà connue d’avance.