MACKY SALL PEUT-IL ÊTRE ÉLU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU ?
L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, affiche désormais une ambition internationale. Briguer le poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Selon plusieurs informations révélées début mars, l’ex-chef d’État a transmis une lettre de motivation accompagnée de son curriculum vitae à l’institution internationale afin de défendre sa candidature.
Ce courrier, daté du 2 mars 2026, a été transmis à la présidence de l’Assemblée générale de l’ONU par le représentant du Burundi auprès de l’organisation. Le Burundi assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine, ce qui explique le canal choisi pour porter cette démarche diplomatique.
Dans cette lettre de plusieurs pages, Macky Sall expose sa vision du monde et des défis auxquels la communauté internationale est confrontée. Il évoque notamment la multiplication des conflits, l’émergence de nouveaux risques globaux et le poids croissant de la dette qui pèse sur de nombreux pays en développement.
Une ONU à réformer selon Macky Sall
Pour l’ancien président sénégalais, l’Organisation des Nations unies reste un cadre indispensable pour le dialogue international. Toutefois, il estime que l’institution doit évoluer afin de répondre aux transformations du monde contemporain.
Dans sa lettre, il explique que l’ONU doit être « réformée, rationalisée et modernisée ». Selon lui, l’organisation doit mieux se préparer à affronter de nouveaux défis, notamment les crises sanitaires, les avancées technologiques ou encore les tensions géopolitiques qui se multiplient dans plusieurs régions du globe.
Macky Sall considère que malgré les critiques dont elle fait l’objet, l’ONU demeure un espace unique de concertation entre les États. Mais pour préserver sa légitimité, l’institution doit renforcer son efficacité et restaurer la confiance des pays membres.
Une expérience politique mise en avant
Pour défendre sa candidature, l’ancien chef de l’État met en avant son parcours politique et institutionnel. Dans son curriculum vitae, il rappelle avoir exercé plusieurs responsabilités majeures, depuis la mairie de Fatick jusqu’à la présidence du Sénégal.
Élu président en 2012, il a dirigé le pays pendant plus d’une décennie et s’est également impliqué dans plusieurs instances régionales africaines. Il a notamment présidé la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ainsi que l’Union africaine à tour de rôle.
Selon lui, ces expériences lui ont permis de développer une approche basée sur « l’écoute, le dialogue et le pragmatisme ». Des principes qu’il affirme vouloir mettre au service du système multilatéral s’il était élu à la tête de l’ONU.
Un programme articulé autour de trois priorités
Dans son projet, Macky Sall présente trois grandes orientations pour l’avenir de l’Organisation des Nations unies.
La première consiste à promouvoir une vision intégrée de la paix, de la sécurité et du développement. L’ancien président estime que ces dimensions sont étroitement liées et doivent être traitées de manière globale pour prévenir les crises.
La deuxième priorité vise à rénover et revitaliser le multilatéralisme, dans un contexte où plusieurs puissances privilégient de plus en plus les logiques nationales.
Enfin, le troisième axe concerne le renforcement de la gouvernance de l’ONU. Macky Sall évoque notamment la nécessité d’une réforme « réaliste et consensuelle » du Conseil de sécurité, sans toutefois détailler les changements institutionnels qu’il souhaiterait voir adoptés.
Une ambition qui suscite déjà des débats
Cette candidature ne fait cependant pas l’unanimité au Sénégal. Depuis l’annonce de ses intentions, plusieurs responsables politiques et observateurs s’interrogent sur l’opportunité d’une telle démarche.
Pour certains, l’expérience diplomatique et politique de Macky Sall pourrait constituer un atout dans un contexte international marqué par de nombreuses crises. D’autres, en revanche, estiment que cette candidature pourrait raviver des tensions politiques internes.
Objet d’accusations de corruption et de mauvaise gestion
Plusieurs collaborateurs de l’ancien président sénégalais Macky Sall ont fait l’objet d’accusations de corruption et de mauvaise gestion des fonds publics au cours des dernières années. Certains anciens ministres et hauts responsables de son gouvernement ont été cités dans des affaires liées à des marchés publics, à la gestion de projets d’infrastructures ou encore à l’utilisation de ressources de l’État. Ces accusations ont été régulièrement évoquées par l’opposition et par certaines organisations de la société civile, qui réclament davantage de transparence et d’enquêtes judiciaires. Les intéressés, de leur côté, ont souvent rejeté ces accusations, dénonçant des attaques politiques
Quoi qu’il en soit, la course à la succession de l’actuel secrétaire général de l’ONU s’annonce ouverte. Et l’ancien président sénégalais semble déterminé à faire valoir son expérience africaine pour peser dans ce débat mondial.