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LE SILENCE ASSOURDISSANT

LE SILENCE ASSOURDISSANT
Une paralysie totale

Le constat est sans appel.


Malgré l’appel de SOS Éducation, les établissements scolaires sont restés déserts ce jeudi 15 août 2026, révélant une profonde crise de confiance entre la base enseignante et les responsables syndicaux.


La suspension de la grève annoncée par le collectif SOS Education n’a trouvé aucun écho sur le terrain. De Libreville aux établissements de l’intérieur du pays, le même constat s’est imposé : des écoles vides et une grève qui se poursuit de facto, malgré son annonce officielle de suspension par une frange du mouvement syndical.


Le silence assourdissant des établissements.


Dans la majorité des établissements du primaire et du secondaire, l’absence d’apprenants était totale. Les cours et les récréations, habituellement rythmant la vie scolaire, ont laissé place à un silence pesant.


Seuls quelques enseignants ont été aperçus, parfois par devoir, parfois par simple curiosité. Mais aucune salle de classe n’a réellement fonctionné.


Au lycée Alexandre Samba de Makokou, le tableau était identique :


« Aucun uniforme dans les allées, aucune voix d’enseignant dispensant un cours. »


Les parents d’élèves, par prudence ou par solidarité avec le mouvement, ont majoritairement choisi de ne pas envoyer leurs enfants à l’école.


Des preuves visuelles d’une paralysie totale


Les images recueillies sur le terrain confirment cette paralysie généralisée. Le portail du C.E.S public de Batavéa, est resté fermé, interdisant tout accès aux activités scolaires.


À l’intérieur, l’École publique de Batavéa 3 offrait une image de désolation : bâtiments vides, cour de récréation déserte, environnement sans vie. Plus frappant encore, certaines salles de classe étaient cadenassées, comme en témoigne la porte verrouillée d’une salle de 6ᵉ B.


Image hautement symbolique, le drapeau gabonais flottait seul au mât, sans élèves pour entonner La Concorde, donnant à voir une école figée dans l’attente.


La base ignore l’appel de SOS Education.


L’échec de cette tentative de reprise met en lumière une crise profonde au sein de SOS Éducation. Si Chrysostome Ndong a appelé à la fin du mouvement, la base enseignante ne s’est pas reconnue dans cette décision, jugée unilatérale.


Pour de nombreux grévistes, les revendications demeurent insatisfaites, et la suspension de la grève n’a jamais fait l’objet d’un consensus. Résultat : une grève qui se poursuit dans les faits, transformant l’annonce de reprise en une simple « fausse alerte », sans impact réel sur le quotidien des élèves et des enseignants.


Un défi majeur pour les autorités


Cette situation place les autorités éducatives face à un défi majeur : gérer une base enseignante plus que jamais déterminée et désormais méfiante vis-à-vis des annonces officielles comme des appels syndicaux non concertés.


 

Par NZENGUE BOULENDE

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