NÉGLIGENCES MÉDICALES DANS LES HÔPITAUX
Au Gabon, de plus en plus de familles brisent le silence et dénoncent, souvent à visage découvert, des cas de négligence médicale dans les hôpitaux publics. Des erreurs parfois mortelles, des diagnostics bâclés, des opérations ratées. Le système de santé, censé protéger, met de plus en plus de vies en danger. Les témoignages circulent comme une traînée de poudre dans les salons, les taxis, sur les réseaux sociaux. Et la colère des victimes notamment les familles endeuillée est compréhensible.
En juin 2024, un drame médical a secoué un hôpital public de référence. Un enfant, opéré du bras, se retrouve aujourd’hui avec de graves complications neurologiques. La mère du jeune patient raconte avoir été baladée de service en service, sans jamais obtenir de réponse claire : « Trois mois après l'opération, le bras de mon enfant est resté raide. Le docteur m’avait dit de ne pas faire de massage. Aujourd’hui, les nerfs sont touchés. » Un cri de détresse relayé par l’Ascorim, une association qui appelle à l’évacuation sanitaire urgente. Peine perdue jusqu’ici.
Mais ce cas n’est que la face visible de l’iceberg. Des formations hospitalières de Libreville, de Port-Gentil, d’Oyem, de Franceville et d’ailleurs, les récits d’erreurs médicales s’enchaînent. Faux diagnostics, prises en charge tardives, opérations ratées, césariennes bâclées. Le constat est accablant. Comment en est-on arrivé là ? Qui forme ces médecins ? Et surtout, qui les contrôle ? Trop souvent, des internes, sans supervision suffisante, pratiquent des actes délicats sur des patients pris à la gorge par l’urgence.
Pire encore, la solidarité entre blouses blanches empêche toute remise en question. Quand l’un d’eux est mis en cause, les autres s’entendent comme des larrons en foire. Aucune sanction, aucune enquête sérieuse. Ils sont de mèche avec certains directeurs généraux d’hôpitaux, tissant un tissu de silence et d’impunité totale. Dans ce système, les familles n’ont que peu de recours : porter plainte revient à jouer les David contre Goliath. Et souvent, le pot de terre finit écrasé par le pot de fer.
Vanessa Ndong, opérée au Gabon en 2021, en sait quelque chose. Sa première opération ratée l’a contrainte à se faire réopérer en Turquie pour éviter l’amputation. Le scandale avait alors éclaté, sans suite judiciaire. Les fautifs ? Toujours pas inquiétés.
Dans cette équation difficile, où la vie des patients devient une sinécure, les autorités restent silencieuses. La réforme du système hospitalier reste un vœu pieux. Et pendant ce temps, des vies s’éteignent à petit feu, dans l’indifférence générale.