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UNE MOBILISATION LOCALE INÉDITE ADRESSÉE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

UNE MOBILISATION LOCALE INÉDITE ADRESSÉE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Un collectif des six cantons du département de la Boumi-Louetsi, basé à Mbigou, a officiellement demandé au Président de la République le maintien du Professeur Adrien Mougougou au poste de ministre de la Santé. Une démarche rare qui traduit un soutien politique structuré et une volonté de continuité dans l’action publique.

Dans une correspondance datée du 10 décembre 2025, le Collectif des six cantons de la Boumi-Louetsi sollicite la “magnanimité légendaire” du Président de la République pour maintenir le Professeur Adrien Mougougou au gouvernement, précisément au ministère de la Santé.
Selon la lettre, la priorité des signataires est de permettre au ministre de “parachever l’œuvre immense entamée sur toute l’étendue du Territoire”.


La requête est portée par Guy Joseph Ngokelélé Koudald, Chef du Canton Central Louetsi-Boumi, qui signe en qualité de président du collectif. Celui-ci profite également de la démarche pour adresser des vœux de santé et des bénédictions religieuses au Chef de l’État.


Un signal de soutien territorial structuré


La prise de position officielle de plusieurs cantons au sein d’un même département témoigne d’une volonté collective de peser politiquement.
Cette mobilisation suggère que le ministre Mougougou bénéficie d’un ancrage local solide, reflet de l’appréciation de son action ou de la perception positive de son bilan dans le secteur de la Santé.


Une démarche stratégique dans un contexte de recomposition


Dans un environnement politique où les remaniements ministériels sont parfois sujets à spéculation, l’appel des cantons apparaît comme un moyen de rappeler l’importance de la continuité gouvernementale.Il s’agit également d’un message adressé au pouvoir central : préserver un cadre stable pour un ministère clé, celui de la Santé, dans un contexte souvent marqué par des défis sanitaires et sociaux.


Un précédent dangereux pour la gouvernance républicaine?


Cette initiative, loin d’être anodine, ouvre la porte à une dérive institutionnelle préoccupante. En s’érigeant en porte-voix politique pour défendre la présence d’un ministre au gouvernement, le chef de canton pourtant garant d’une autorité coutumière et non politique brouille volontairement les frontières entre fonctions traditionnelles et institutions républicaines. Une telle confusion des rôles menace l’équilibre même de la gouvernance moderne : elle substitue aux mécanismes objectifs de décision des logiques identitaires et territoriales. Permettre que ces pratiques se normalisent reviendrait à affaiblir l’État, déjà engagé dans une réforme profonde pour rompre avec les réflexes de clientélisme et les interventions intempestives d'acteurs dont les prérogatives ne devraient jamais empiéter sur celles des institutions nationales.

Par LINA M

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