BAMBOUCHINE : 10 ANS SANS EAU
Dans le 6ᵉ arrondissement de Libreville, à Bambouchine, la question qui brûle toutes les lèvres est simple : jusqu’à quand devront-ils attendre pour avoir de l’eau chez eux ? Ici, la vie quotidienne frôle la catastrophe. Depuis toujours, l’eau ne coule pas dans les maisons. Et malgré les canalisations posées, la Société d'Énergie et d'Eau du Gabon (SEEG), chargée de la distribution, est absente.
Chaque matin, femmes, hommes, enfants marchent bidons à la main, dans une file silencieuse vers les rares puits, les compteurs fuyards ou les rivières. Pas de jeux, pas de rires : seulement le poids de ce calvaire répété. Lidia, habitante depuis quatorze ans, vit sans eau courante. Pour elle, chaque goutte compte. Boire, laver, cuisiner devient un exercice de survie. Elle, comme beaucoup d’autres, a dû avaler bien des couleuvres face aux promesses non tenues.
Melchy, un autre habitant, n’en peut plus :
« La SEEG nous fait voir de toutes les couleurs. Ils annoncent des travaux, des réhabilitations, mais rien ne change »
Les tuyaux sont là, mais restent secs. La pilule est amère pour ces familles pétries d’angoisse, qui paient un lourd tribut à l’inaction.
Le quartier a déjà essuyé les plâtres de multiples chantiers inachevés. À chaque annonce, c’est un nouvel espoir, vite torpillé. Cette situation a provoqué un tollé général parmi les habitants, désemparés, qui voient leur quotidien infernal s’éterniser. Certains dénoncent une SEEG insensible à leur détresse, d’autres accusent de les laisser vivre cette tourmente. Pendant que les dirigeants enchaînent discours et projets sur papier, les familles, elles, continuent à porter l’eau comme au siècle dernier. Ce quartier ne veut plus avaler la pilule. Il attend des actes.