RÉGI D’UNE MAIN DE FER
Après deux années de mutisme, Grégory Laccruche Alihanga parle. L’ancien maire d’Akanda, longtemps resté silencieux face aux accusations et à une incarcération prolongée sans jugement, vient de jeter un pavé dans la mare. Dans une déclaration choc faite le 15 juillet 2025, il dénonce un système inhumain, une véritable machine à broyer les êtres humains, et un acharnement politique orchestré au mépris des principes fondamentaux de la justice.
« J’ai gardé le silence pendant des années. Par dignité, par respect pour ma famille et pour mon pays »
explique-t-il d'entrée de jeu.
« Mais aujourd’hui, je prends la parole car vient un moment où l'excès devient intolérable »
L’ex-maire, visiblement déterminé à lever le voile sur les atrocités qu’il affirme avoir subies, ne mâche pas ses mots. Selon lui, son arrestation en novembre 2019 dans le cadre de "l'Opération Scorpion” n’était qu’un prétexte, une purge politique déguisée.
« En réalité, une vengeance politique. Une purge ciblée »
Les faits qu’il rapporte ont de quoi glacer le sang. Il évoque un rendez-vous au domicile de Noureddin Bongo Valentin où, en présence d’Abdul Océni, il lui a été demandé de lancer de fausses accusations contre son propre frère, Brice Laccruche Alihanga.
« Ma réponse fut claire : jamais je ne trahirai mon sang. Jamais je ne me fourvoierai devant Dieu »
affirme-t-il avec fermeté.
Trois jours plus tard, il est arrêté, livré en pâture à ce qu’il décrit comme une justice déchaînée, aux méthodes expéditives. Commence alors pour lui une traversée du désert digne d’un cauchemar judiciaire : garde à vue prolongée illégalement, détention préventive de quatre ans sans appel, sans audience, sans défense. Il dit avoir croupi en prison, dans l’annexe 1 de la maison centrale de Libreville, dans un état de droit devenu méconnaissable.
« Je refuse de regarder sans rien dire ceux qui, après avoir broyé tant de vies, cherchent à s’absoudre en travestissant leur passé. Moi, je n’ai rien oublié ! »
L’ancien édile décrit un système inhumain, régi d’une main de fer, où le rythme démentiel des règlements de comptes laisse derrière lui des familles brisées et des hommes en piteux état. À ses yeux, ceux qui ont dirigé cette horde de répression institutionnalisée tentent aujourd’hui de se faire passer pour des victimes.
« Ceux-là mêmes qui ont bâti et défendu un système brutal, injuste, humiliant, cherchent à faire oublier les crimes dont ils ont été les architectes. Cette inversion des rôles est indécente ! »
Ce témoignage, aussi cru que saisissant, défraie déjà la chronique et risque de resserrer l’étau sur certains hauts responsables d’une époque récente encore marquée par une gouvernance opaque. Des mots qui donnent des frissons dans l’échine. C'est le cri d’alerte d’un homme pris à la gorge par ses géoliers, qui affirme avoir connu les affres de la torture et être passé au bord du gouffre.