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PARI RISQUÉ

PARI RISQUÉ
C’est l’un des dossiers les plus explosifs de l’heure, et il a occupé une place centrale au Conseil des ministres du 20 juin 2025 : Paule Élisabeth Désirée Mboumba Lassy a été nommée à la tête de l’ANBG.

C’est l’un des dossiers les plus explosifs de l’heure, et il a occupé une place centrale au Conseil des ministres du 20 juin 2025 : Paule Élisabeth Désirée Mboumba Lassy a été nommée à la tête de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG), en remplacement du Pr. Ruphin Ndjambou, éjecté de son poste après seulement un an et demi de mandat.


Une décision lourde de sens, tant l’ANBG, censée garantir l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur à travers les aides financières, est aujourd’hui au centre des remous. Ces derniers mois, l’agence est apparue comme un véritable canard boiteux, éclaboussée par plusieurs scandales liés à la gestion des bourses. Les dysfonctionnements se sont multipliés, les bourses arrivent au compte-gouttes, et la prise en charge précaire des étudiants, notamment ceux inscrits à l’étranger, a plongé une frange entière de la jeunesse gabonaise dans la tourmente.


 


Un limogeage inévitable ?


Ruphin Ndjambou, nommé en novembre 2023, n’a pas su redresser la barre. Essuyant revers sur revers, il a vu sa gestion contestée de toutes parts. Pour beaucoup, il a jeté de l’huile sur le feu en ne parvenant pas à désamorcer une crise devenue intenable. Certains étudiants à l’étranger, étranglés financièrement, ont été purement et simplement exclus de leurs établissements faute de frais de scolarité réglés à temps. Une situation inédite, symptomatique d’une institution en pleine crise de confiance.


Son départ, qualifié de "dégommage" en coulisses, par une source de l’ANBG intervient alors que l’étau se desserre autour des boursiers à l’étranger, mais la situation reste alarmante. L’ANBG, engluée dans un terrain miné de magouilles supposées et d’irrégularités à répétition, doit désormais amorcer une sortie de l’auberge.


 


Mboumba Lassy sur un champ de mines


C’est donc Paule Élisabeth Mboumba Lassy, une technocrate issue du corps des administrateurs des services économiques et financiers, qui est appelée à redorer le blason de l’agence. Diplômée de l’Institut de l’Économie et des Finances (IEF), elle hérite d’un champ de mines. Si sa nomination est perçue comme un signal de rigueur envoyé par le gouvernement, le défi est colossal : restaurer la régularité des paiements, faire la lumière sur les dysfonctionnements internes et surtout, faire avaler une pilule amère aux étudiants, nombreux à avoir perdu foi en l’institution.


 


Des attentes immenses


Pour les milliers de boursiers en détresse, notamment ceux qui se disent aujourd’hui « clochardisés » à l’étranger, ce changement est peut-être le début d’une nouvelle ère. Mais personne ne se fait d’illusions : il ne suffira pas de quelques effets d’annonce pour sortir de l’ornière. La nouvelle directrice générale est attendue au pied du mur. 


 

Par Pamphile EBO

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