LE VERDICT
Face à la décision de la Cour internationale de Justice (CIJ) rendue le 19 mai 2025 au sujet du différend territorial opposant le Gabon à la Guinée équatoriale sur les îles Mbanié, Cocotier et Congo, le ministre gabonais des Affaires étrangères, Régis Onanga Ndiaye, a appelé à un retour au dialogue, estimant que l’arrêt n’apporte pas de solution claire mais renforce la complexité du dossier.
S'exprimant lors d'une séance plénière exceptionnelle au Sénat de la transition, le chef de la diplomatie gabonaise a insisté sur la nécessité d'engager des négociations bilatérales. Selon lui,
« la réalité de la décision de la Cour rendue le 19 mai 2025 ne donne ni gagnant ni perdant, mais crée une complexité encore plus grande que celle qui existait déjà »
avant d’ajouter que seule la discussion peut désormais permettre de parvenir à une solution durable.
Dans son intervention, Régis Onanga Ndiaye a pris exemple sur le conflit ayant opposé le Cameroun et le Nigeria autour de la péninsule de Bakassi, soulignant que malgré la décision en faveur du Cameroun, les réalités sociologiques sur le terrain avaient perduré. Il a également rappelé que la paix demeure un choix partagé entre les deux États :
« Le Gabon et la Guinée équatoriale ont montré leur préférence pour la poursuite de la paix en confiant leurs différends à la CIJ, plutôt que de tenter de les régler par d’autres voies peu recommandées »
a-t-il affirmé.
Le membre du gouvernement a insisté sur la responsabilité des deux pays dans la préservation de la paix et des liens historiques. Pour lui, seule une approche concertée peut permettre d’éviter l’escalade.
« Il n’y a pas d’autres alternatives à la négociation, seule ou associée à d’autres pays voisins. C’est la seule voie que nous avons pour régler définitivement ce différend »
a-t-il martelé.
Enfin, Régis Onanga Ndiaye a tenu à dénoncer les commentaires hâtifs autour de la décision judiciaire, regrettant que bon nombre d'observateurs s'expriment sans avoir pris connaissance de l'arrêt complet. Il a lancé un appel à la responsabilité collective :
« Le drame, c’est que nombreux sont ceux qui commentent cet arrêt sans l’avoir lu. Il est dans notre plus profond intérêt de créer les conditions d’une négociation rapide afin de ramener la paix et la sérénité entre nos deux pays »
a-t-il conclu.
Le gouvernement gabonais compte soumettre sa position au Président Brice Clotaire Oligui Nguema, dans l’optique d’engager un dialogue de haut niveau avec Malabo, en vue d’un règlement pacifique de ce litige territorial historique.