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QUE DEVIENNENT LES AUTEURS DE VIOL ?

QUE DEVIENNENT LES AUTEURS DE VIOL ?
Viol au Gabon : lois strictes, mais impunité et lenteurs judiciaires.

Les auteurs de viol au Gabon font face à des peines allant de 15 ans de réclusion criminelle à la perpétuité selon la gravité des faits. Malgré un arsenal juridique renforcé, la chaîne pénale peine à endiguer l'impunité, révélant de fortes disparités dans le traitement des dossiers à Libreville, Port-Gentil (POG) et Franceville. 


L'arsenal législatif face au déni social


La loi criminalise désormais le viol sous toutes ses formes, y compris conjugal, et punit les auteurs jusqu'à 50 millions de FCFA d'amende. Cependant, le poids des traditions et le continuum des violences basées sur le genre (VBG) favorisent encore le silence des victimes ou les règlements à l'amiable en famille, perpétuant ainsi l'impunité.


La lenteur et la complexité des procédures judiciaires


Les parcours judiciaires pour les victimes sont souvent longs et discontinus. À Port-Gentil, par exemple, des audiences criminelles ont déjà dû être renvoyées ou les tribunaux se sont déclarés incompétents en l'absence des accusés, illustrant comment les vices de procédure ou les dysfonctionnements institutionnels peuvent retarder la sanction des agresseurs. 


Les disparités régionales et l'engorgement des juridictions


À Libreville, concentrateur des institutions judiciaires, le traitement des plaintes est plus rapide, mais les prisons sont surpeuplées. Dans des villes comme Port-Gentil ou Franceville, l'éloignement des laboratoires médico-légaux et le manque de magistrats spécialisés complexifient l'instruction des dossiers de viol, laissant parfois les suspects en détention préventive prolongée.


La récurrence du viol sur mineur et l'impunité des proches


La vulnérabilité des mineures et des jeunes filles reste une urgence majeure. De nombreuses affaires révèlent que les agresseurs sont des membres de la famille, des voisins ou des personnes en position d'autorité. Ces agressions intrafamiliales sont celles qui bénéficient le plus de l'omerta locale, offrant une zone d'ombre où l'impunité sociétale prime sur la justice.


La sévérité des peines mais faible taux de condamnation


Bien que des condamnations exemplaires soient prononcées, à l'instar de celles rendues par la Cour d'appel de Franceville condamnant des individus à 10 ans de réclusion, ou celles de Port-Gentil, beaucoup d'auteurs de viol passent entre les mailles du filet. L'absence de preuves matérielles tangibles et la peur des représailles mènent souvent à des classements sans suite, donnant le sentiment d'une impunité structurelle. 


Le rôle de la société civile et l'urgence de mesures concrètes


Face au déni de justice, des ONG et réseaux locaux (tels que le projet ACT-VBG ou l'ONG Aurore à Libreville) multiplient les actions. Le débat actuel porte désormais sur la nécessité d'appliquer les lois pour mettre un terme définitif à l'impunité sociale, comme le soulignent régulièrement les rapports officiels du Haut Conseil à l’Egalité. 


Au Gabon, la loi punit le viol de 15 ans de prison à la perpétuité, avec des amendes pouvant atteindre 50 millions de FCFA. Malgré cet arsenal juridique, des dysfonctionnements persistent, notamment le déni social, la lenteur des procédures et l'engorgement des prisons, particulièrement à Libreville, Port-Gentil et Franceville.






 






Par Pamphil

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