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CÔTE D'IVOIRE : SUSPENSION DE LA DÉLIVRANCE DU CERTIFICAT DE NATIONALITÉ À TIDJANE THIAM

CÔTE D'IVOIRE : SUSPENSION DE LA DÉLIVRANCE DU CERTIFICAT DE NATIONALITÉ À TIDJANE THIAM
Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), voit son élan freiné par une décision du Tribunal de première instance d’Abidjan.

À peine libéré de sa nationalité française et prêt à entrer de plain-pied dans la course à la magistrature suprême, Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), voit son élan freiné par une décision du Tribunal de première instance d’Abidjan. Ce dernier a décidé de suspendre la procédure de délivrance de son certificat de nationalité ivoirienne, une pièce maîtresse de son dossier de candidature à l’élection présidentielle.


Dans une décision rendue publique ce vendredi, le tribunal a motivé sa position en ces termes :


« Il est constant que la nationalité ivoirienne de Tidjane Thiam est contestée devant le tribunal, par une action tendant à faire constater la perte de sa nationalité »


Dès lors, l’institution judiciaire a estimé qu’il convenait de


« surseoir à la délivrance dudit acte jusqu’à ce que le tribunal, saisi de la contestation, vide sa saisine »


Cette suspension intervient au moment même où Tidjane Thiam, ancien banquier de renom sur la scène internationale, entamait les démarches nécessaires pour se conformer aux exigences constitutionnelles ivoiriennes. Après avoir officiellement renoncé à sa nationalité française le 19 mars 2025, il répond désormais à la condition d’exclusivité de nationalité ivoirienne, imposée par l’article 55 de la Constitution, à tout prétendant à la présidence.


Les adversaires de Tidjane Thiam s’appuient notamment sur l’article 48 du Code de la nationalité ivoirienne, en vigueur depuis 1961. Selon ce texte, tout Ivoirien majeur ayant acquis volontairement une nationalité étrangère est réputé avoir perdu la nationalité ivoirienne, sous réserve d’une procédure administrative stricte : cette perte doit être confirmée par décret gouvernemental, pris sur avis du Garde des Sceaux, du ministre de la Santé et de celui de la Défense, dans un délai de 15 ans à compter de l’inscription sur les tableaux de recensement.


La subtilité juridique réside ici : la perte de nationalité n’est pas automatique, mais encadrée par des conditions qui, si elles n’ont pas été réunies, pourraient faire pencher la balance en faveur de Tidjane Thiam. En attendant que la justice se prononce, c’est tout son avenir politique immédiat qui reste en suspens.


Malgré cette embûche, le président du PDCI ne fléchit pas. Le jeudi 10 avril 2025, il a officiellement déposé sa candidature pour la convention éclatée du parti, prévue pour le 16 avril 2025. Ce scrutin interne, équivalent d’une primaire, doit désigner le candidat du PDCI à l’élection présidentielle d’octobre prochain. Figure de proue du parti historique, Tidjane Thiam y est considéré comme le grand favori.


Alors que la Côte d’Ivoire entre dans une période électorale sensible, cette affaire de nationalité pourrait bien cristalliser les tensions et relancer le débat sur les critères d’éligibilité, et la loyauté nationale.


 

Par Pamphile EBO

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