CEMAC : LES BANQUES EXPRIMENT UN BESOIN DE LIQUIDITÉ DE 392 MILLIARDS DE FCFA
La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) a émis ce 18 mars 2025 une nouvelle offre de liquidité de 230 milliards de FCFA (près de 380 millions USD) à destination des banques commerciales des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Mais une fois les résultats publiés le 19 mars 2025, un chiffre retient particulièrement l’attention : la demande totale des établissements bancaires a largement dépassé l’enveloppe allouée, atteignant 392,7 milliards de FCFA (soit 647,5 millions USD), soit un taux de souscription impressionnant de 170,74%.
Ce chiffre, jamais atteint depuis le début de l’année, marque une nouvelle étape dans la quête incessante de liquidité des établissements de crédit de la zone CEMAC. Il s'agit de la plus forte demande exprimée par les banques de la sous-région en 2025, selon le communiqué publié par l'institut d'émission. Un tel engouement n’est pas anodin et traduit une dynamique complexe qui mérite une analyse approfondie.
L’offre de 230 milliards de FCFA émise par la BEAC visait à répondre aux besoins accrus de liquidité des banques commerciales, mais celle-ci s'est avérée insuffisante face à l'appétit des établissements de crédit. Neuf banques ont participé à cette opération, exprimant des besoins de financement qui dépassent largement les disponibilités proposées par la banque centrale. Ce déséquilibre entre l'offre et la demande témoigne de la pression exercée sur les institutions financières, confrontées à une croissance rapide des crédits bancaires dans la zone CEMAC.
Cette situation s’inscrit dans une tendance observable depuis plusieurs mois : une forte demande de crédits de la part des entreprises et des ménages dans les pays de la CEMAC. Selon des experts du marché financier de la sous-région, cette hausse de la demande de financement par les clients entraîne un besoin accru de liquidité chez les établissements bancaires. Lorsqu’un trop grand nombre de crédits sont sollicités sans que les banques disposent de suffisamment de réserves, ces dernières se tournent vers la BEAC ou le marché interbancaire pour combler ce déficit. Ce phénomène est donc révélateur de la forte pression exercée sur les banques commerciales face à un environnement économique dynamique.
L’intérêt croissant des banques commerciales pour les opérations de la BEAC pourrait également signaler un changement dans la perception du rôle de la banque centrale dans la gestion de la liquidité. Alors que ces dernières années, les banques ont parfois privilégié des solutions internes ou interbancaires pour gérer leur besoin de liquidités, cette nouvelle forte demande témoigne d’une confiance accrue dans les mécanismes mis en place par la BEAC pour soutenir les établissements de crédit dans un contexte de liquidité parfois tendu.
Cela pourrait également refléter une volonté des institutions financières d’anticiper d’éventuelles tensions économiques dans la sous-région, en sécurisant des ressources pour accompagner leur activité face à une croissance soutenue de la demande de crédits. De plus, l'augmentation de la demande de financements s'inscrit dans une dynamique économique plus large, où l’inflation, les projets d’infrastructures et les investissements publics ou privés jouent un rôle de moteur dans l’économie de la CEMAC.
Le record de souscription à cette offre de liquidité de la BEAC n'est pas qu'une simple statistique : il souligne une dynamique de demande de crédits en plein essor et la nécessité pour les banques commerciales de se tourner vers la banque centrale pour sécuriser leurs liquidités.
En fait, alors que la CEMAC traverse une phase de croissance économique et d’expansion du crédit, la question de la liquidité bancaire devient centrale. Les établissements de crédit, face à un appétit croissant pour les crédits, devront continuer à naviguer entre les besoins de financement de leurs clients et les ressources disponibles auprès de la banque centrale.