OGOOUÉ-LOLO: RETARDS DUS AUX PLUIES ET AUX DÉMARCHES ADMINISTRATIVES SELON LES CHEFS DE CHANTIER
Lors des échanges avec la délégation du Comité de transition pour la restauration des institutions (CTRI), plusieurs responsables des entreprises adjudicataires de la province de l’Ogooué-Lolo ont justifié les retards observés dans l'avancement des travaux par des facteurs extérieurs, notamment des contraintes logistiques, climatiques et administratives. Cependant, ces arguments n'ont pas été suffisants pour convaincre les autorités chargées de la mission de contrôle.
Daisy Magni, épouse Bandoma, chef de chantier, a souligné que les intempéries, notamment les fortes pluies, ont contribué à ralentir les progrès sur le terrain.
"Les difficultés que nous avons rencontrées sont principalement liées aux pannes de machines dues aux intempéries. Les pluies ont entravé notre capacité à avancer comme prévu"
a-t-elle expliqué rapporte Gabon 24.
De son côté, Yves Ifounga, également chef de chantier, a mentionné des obstacles administratifs.
"Il y a aussi toute la paperasse liée à l’avancement des travaux, qui complique les choses"
a-t-il précisé. Il a évoqué les démarches bureaucratiques comme un frein à une exécution plus rapide.
Malgré ces explications, le colonel Yannick Nzamba Edowiza, chef de mission de contrôle du CTRI dans la province de l’Ogooué-Lolo, est resté ferme dans ses propos. Pour lui, les retards observés ne peuvent être excusés par ces difficultés.
"Ils ont eu la chance de réaliser une étude de marché et de prescrire des délais d'exécution. Pourquoi n’ont-ils pas pris en compte le transport des matériaux de la capitale vers les zones de chantier ? C’est la première question à se poser"
a déclaré le colonel, qui a mis en avant la planification défaillante de certains acteurs.
Il a également rappelé les exigences de la loi gabonaise en matière de marché public :
"Tout le monde connaît la loi de l’appel d’offres au Gabon. Une entreprise qui répond à un appel d’offres doit être en mesure de s’autofinancer, ou du moins de préfinancer à hauteur de 15 %"
Au-delà des arguments des entreprises, le colonel Yannick Nzamba Edowiza a souligné des manquements structurels dans le secteur, en particulier le manque d’expérience de certaines entreprises du BTP.
"Faut pas être trop injuste ou trop méchant, mais le constat que nous faisons, c’est que certaines entreprises dans le BTP manquent d’expérience. Il y a parfois un manque de matériels. Nous avons choisi un marché – prenons un exemple concret – un reprofilage de 95 km. Mais nous n’avons qu’une seule niveleuse. On ne pourra jamais tenir les délais dans ces conditions"
a-t-il fait remarquer. Une grave inadéquation entre l’ampleur des projets et les ressources mises à disposition.
Face à ces défaillances, le CTRI entend prendre des mesures strictes afin d'éviter de nouvelles dérives et assurer une gestion rigoureuse des fonds publics.