DÉGUERPISSEMENTS PLAINE-ORETY
Invité sur le plateau spécial de Gabon 1ère dédié aux déguerpissements en cours à Plaine-Orety et Derrière l’Assemblée nationale, le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Ludovic Megne Ndong, a tenu à clarifier ce 8 juin 2025, la position du gouvernement et les démarches entreprises dans ce dossier sensible.
« Depuis plusieurs décennies, l'État a identifié la vallée Sainte-Marie, notamment le quartier Plaine-Orety, comme zone d’intérêt public devant abriter des projets structurants »
a-t-il rappelé. Selon lui, cette vision a déjà permis l’implantation d’infrastructures très importantes comme le Palais Léon Mba, siège de l’Assemblée nationale, et la Maison Georges Rawiri. Il a également mentionné que, dès 2018, des projets diplomatiques étaient prévus derrière l’Assemblée Nationale, notamment près de l’ambassade de Russie.
Le ministre Ludovic Megne Ndong a insisté sur le fait que les gouvernements précédents avaient initié des procédures en bonne et due forme : recensement, évaluation, indemnisation et même relogement.
« Deux titres fonciers ont été créés, l’un pour la République gabonaise et l’autre pour la CDC »
a-t-il précisé. Il a souligné que certains habitants avaient été indemnisés dès 1991 et relogés à Alenakiri, dans la commune d’Owendo.
Mais la situation s’est complexifiée au fil des années. D’après le membre du gouvernement, certaines personnes, bien qu’indemnisées, ont choisi de rester sur les lieux ou d’agrandir leurs bâtisses. D’autres ont vendu leurs terrains sans révéler la situation foncière réelle aux nouveaux acquéreurs.
« C’est ainsi que s’est développé un phénomène de squatterisation »
a-t-il dénoncé.
Face à cette réalité, le gouvernement de transition a décidé d’accélérer les projets de la Cité administrative et du Boulevard de la Transition. Un décret déclarant l’utilité publique de la zone a été validé en Conseil interministériel en janvier 2024, puis adopté et promulgué en février. Le ministre Ludovic Megne Ndong a souligné que ce texte autorise une expropriation dans un délai d’un mois, conformément à l’article 26 de la loi du 10 mai 1961.
« Le déguerpissement immédiat des occupants sans titre pourra être exécuté dès la publication de ce décret »
a insisté Ludovic Megne Ndong. Des procédures judiciaires ont également été enclenchées, notamment la saisine du président du tribunal de première instance de Libreville pour l’obtention des jugements d’expulsion et de démolition.
Le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, a par ailleurs évoqué la mobilisation des autorités locales et des brigades spéciales d’urbanisme pour l’application des décisions prises. Des assignations individuelles ont été transmises par voie d’huissier entre juin et octobre 2024.
Enfin, le membre du gouvernement a tenu à rassurer les populations concernées :
« Le gouvernement tient à réaffirmer avoir suivi les procédures en vigueur »
Toutefois, il a reconnu que la situation humaine sur le terrain restait préoccupante. C'est en ce sens qu'il a souligné que
« le gouvernement reste attentif aux cas les plus sensibles »