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«LES EMPRUNTS ET LA GESTION DE LA DETTE, UN ÉQUILIBRE ESSENTIEL POUR LE GABON »

«LES EMPRUNTS ET LA GESTION DE LA DETTE, UN ÉQUILIBRE ESSENTIEL POUR LE GABON »
Dans un entretien exclusif, Charles M'BA, le ministre gabonais des Comptes publics et de la Dette, a expliqué que les emprunts et la dette constituent un équilibre pour le Gabon.



Dans un entretien exclusif, Charles M'BA, le ministre gabonais des Comptes publics et de la Dette, a abordé des questions essentielles sur la gestion des finances publiques du pays, en particulier la question des emprunts contractés par l'État gabonais et leur impact sur la dette nationale. Il a expliqué que les emprunts et la dette constituent un équilibre pour le Gabon.



 



L'addition de la nouvelle dette et des remboursements : une gestion prudente





Lorsqu'il a été interrogé sur la manière dont l'État gère l'addition de la nouvelle dette contractée, Charles M'BA a tenu à clarifier un point essentiel : bien qu'il soit tentant de simplement additionner l'encours de la dette à la nouvelle dette contractée, cette démarche ne reflète pas la réalité des flux financiers. Selon lui, il faut également prendre en compte les remboursements effectués, qui viennent réduire l'impact des nouveaux emprunts.





Il cite en exemple deux financements récents de 54 millions d'euros (35 370 000 000 FCFA) chacun, l'un destiné à la digitalisation du pays à travers le projet "Gabon Digital", l'autre pour la réorganisation des statistiques nationales. À côté de ces deux prêts, le Gabon a également contracté deux emprunts obligataires, respectivement de 169 milliards et de 20 milliards de francs CFA.





Il souligne toutefois que l'on ne doit pas se laisser tromper par l'apparence de chiffres impressionnants : un grand nombre de conventions de financement peuvent être signées, mais tant que les décaissements ne sont pas effectués, ces engagements n'ont pas d'impact immédiat sur la dette. Ainsi, au regard de la direction générale de la dette, il y a, à l'heure actuelle, deux projets d'envergure en cours, mais une gestion prudente des emprunts reste de mise.



 



Des choix d’emprunt bien pensés pour le Gabon ?



Lorsqu'on lui demande si les choix d'emprunt récents sont judicieux pour le Gabon, Charles M'BA répond par l'affirmative. Il estime que ces emprunts sont bien réfléchis, soulignant que les fonds levés sont principalement utilisés pour des projets de développement stratégique, comme la transformation numérique du pays et la modernisation des statistiques publiques.





Le ministre rappelle son expérience passée, lorsqu'il avait exercé la fonction de ministre délégué aux Finances de 2006 à 2009. À cette époque, le Gabon disposait d’un budget d'investissement de 250 milliards de francs CFA. Le FMI soulignait alors une faiblesse de l’absorption de ce budget, ce qui signifie que, bien que des fonds soient alloués, le pays peinait à les utiliser pleinement. En revanche, aujourd'hui, le Gabon fait face à un budget d'investissement largement supérieur, de l’ordre de plus de 1000 milliards de francs CFA, avec une capacité d'absorption en constante amélioration.



 



L’évolution de la gestion de la dette et les enseignements du passé



Charles M'BA revient ensuite sur l'évolution de la dette du Gabon entre 2010 et 2023. Il rappelle que, durant cette période, le pays a connu une augmentation substantielle de l'endettement, atteignant près de 7 288 milliards de francs CFA. Cependant, le ministre pointe également que l’augmentation de la dette a permis un investissement massif dans des projets d'infrastructure et de développement, notamment dans le secteur de l’énergie, des transports, et des technologies de l'information.





Il met en garde, cependant, contre le mauvais endettement :




"Si, entre 2010 et 2023, nous avons réussi à mobiliser près de 18 000 milliards pour l’investissement, cela a parfois impliqué une gestion mal maîtrisée de certains emprunts"




Le ministre souligne que le défi réside dans l’optimisation des financements et dans l’alignement des projets d’investissement avec les capacités réelles du pays à les gérer.



 



Rigueur dans l'utilisation des fonds



Pour Charles M'BA, le Gabon doit continuer de naviguer avec prudence et intelligence dans la gestion de sa dette publique. Les emprunts contractés pour la digitalisation et la réorganisation des statistiques sont des décisions stratégiques qui visent à moderniser le pays. Toutefois, le ministre insiste sur l’importance de la rigueur dans l’utilisation des fonds et l’optimisation de chaque investissement. L'ère de l'inefficacité doit céder la place à celle d’une gestion plus intégrée et plus performante des finances publiques. Le Gabon, comme tous les pays en développement, doit veiller à un équilibre fragile entre emprunt et remboursement pour garantir une stabilité économique à long terme.



 

Par Pamphile EBO

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