PRÊTE À TUER
L’Allemagne durcit sa posture militaire. Dans une interview publiée ce lundi 14 juillet 2025 par le Financial Times, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a déclaré que la Bundeswehr était prête à tuer des soldats russes en cas d’attaque contre un pays membre de l’Otan. Une affirmation sans détour, dans un contexte de tensions persistantes à la frontière Est de l’Alliance.
« Si la dissuasion ne fonctionne pas et que la Russie attaque, cela se produira-t-il ? Oui »
a déclaré Pistorius au quotidien britannique. Une prise de position qui tranche nettement avec la retenue traditionnelle de l’Allemagne sur les questions militaires, héritée de l’après-Seconde Guerre mondiale.
Le ministre allemand s’appuie sur des actes concrets. Le 22 mai dernier, Berlin a officialisé le déploiement d’une brigade de 5 000 soldats en Lituanie, État membre de l’Otan et frontalier de la Russie.
« Je vous recommande de vous rendre à Vilnius et de parler aux représentants de la brigade allemande sur place. Ils savent exactement en quoi consiste leur travail »
a lancé Pistorius.
Pour lui, la fermeté est nécessaire.
« Si l’on veut parler de paix sur un pied d’égalité, on ne peut le faire qu’à partir d’une position de force »
insiste-t-il. Et d’ajouter :
« Nous voulons vivre en paix avec vous, mais ne pensez pas que nous sommes faibles ou que nous ne nous défendrons pas »
Cette nouvelle orientation stratégique s’inscrit dans un contexte de mutation profonde en Allemagne. Le 15 juin, le pays a célébré pour la première fois un « Jour des vétérans », et affiche l’ambition de constituer « la plus puissante armée d’Europe »
Mais ce tournant ne fait pas l’unanimité. Une partie du SPD, dont un ancien président du parti, a récemment publié un manifeste critiquant la « rhétorique militaire alarmiste » du gouvernement et appelant à renouer le dialogue avec la Russie.