MORT DE JESúS DE MIGUEL : JESúS OWONO, LE GARDIEN AU CŒUR DU DRAME, FACE À UNE PRESSION IMMENSE
L'image est devenue virale. Recroquevillé sur la pelouse, tête entre les genoux, gants boueux, Jesús Owono ne se relève plus. Vingt-quatre heures plus tard, son message brisait le silence.
« Je suis complètement bouleversé par ce qui s'est passé sur le terrain hier. Ce qui devait être un simple match s'est transformé en une tragédie qui me marquera pour le reste de ma vie. »
Lundi 2 novembre, à la 90e minute de CD Tenerife–FC Andorra (2-2), au stade Heliodoro Rodríguez López, le gardien de 25 ans sort loin de sa surface pour couper un contre. Selon les images du match, il percute, genou en avant, la poitrine de l'attaquant Jesús de Miguel Alameda, 30 ans. Arrêt cardiorespiratoire sur le terrain, réanimation, évacuation au CHU Nuestra Señora de Candelaria. Le match est suspendu. Mardi matin, à 8 h, le CD Tenerife annonce son décès.
Une enquête et un lynchage numérique
Le choc sportif devient une affaire judiciaire. Le Groupe des homicides de la Police nationale de Santa Cruz de Tenerife a ouvert une enquête. Le Code pénal espagnol punit l'homicide par imprudence grave (article 142) d'un à quatre ans de prison. Selon le Tribunal supérieur de justice des Canaries, toute mort sans cause naturelle entraîne l'ouverture d'office d'une enquête judiciaire, c'est une procédure habituelle, qui n'implique pas de poursuites.
Le procureur José Luis Sánchez-Jáuregui rappelle d'ailleurs qu'« il est difficile qu'un procès pénal s'ouvre ». Le carton rouge direct infligé par l'arbitre Manuel Pérez Hernández, pour « impact brusque avec jambe en hauteur et force excessive », ne vaut pas preuve de responsabilité pénale. La justice devra établir une imprudence dépassant le risque sportif admis.