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RDC: LE BILAN D'EBOLA S'ALOURDIT À 5 372 MORTS, UNE LÉTALITÉ À 51,6% APRÈS UNE CORRECTION DES DONNÉES EN ITURI

RDC: LE BILAN D'EBOLA S'ALOURDIT À 5 372 MORTS, UNE LÉTALITÉ À 51,6% APRÈS UNE CORRECTION DES DONNÉES EN ITURI
RDC Ebola: 5 372 morts sur 10 414 cas, létalité 51,6%, hausse due à une mise à jour rétrospective des données en Ituri dimanche.

Le bilan de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo s'est alourdi. Vendredi, le pays a franchi la barre des 5 372 morts, pour un taux de létalité de 51,6%, selon le dernier rapport officiel publié dimanche.


D'après le bulletin de situation de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), au 30 octobre, la RDC avait enregistré un total de 10 414 cas confirmés d'infection par le virus Ebola.


Une hausse brutale sur le papier, qui a suscité l'inquiétude. Mais dans un communiqué, les autorités ont tenu à préciser l'origine de cette augmentation.


Trois précisions dans le viseur


Le communiqué cible trois points pour éviter la panique.


La mise à jour rétrospective est présentée comme la cause principale de la hausse. Elle touche surtout les données de décès non consolidées des mois précédents. Souvent enregistrées tardivement sur le terrain, elles faussaient le bilan réel, d'où l'importance d'une correction globale.


La province de l'Ituri concerne une zone particulièrement touchée, principalement en première ligne de l'épidémie. Moins médiatisée que le Nord-Kivu lors des précédentes vagues, elle concentre pourtant une grande partie des cas récents. Lorsqu'elle est mieux documentée, son bilan grimpe mécaniquement.


Le travail conjoint des équipes est plus rare, mais il est souvent décisif en RDC, la fragmentation des données retardant la réponse. Il touche directement la coordination entre l'équipe locale chargée du traitement des informations et celle responsable de la gestion de l'épidémie sur le terrain.


Flambée soudaine: une crainte à relativiser


Parmi les peurs liées à l'annonce, celle d'une flambée soudaine des décès en 24 heures arrive en tête. Beaucoup y ont vu un emballement de l'épidémie, au risque d'une psychose. Les spécialistes, notamment ceux de l'INRB à Kinshasa et à Bunia, rappellent pourtant que ce n'est pas par là qu'il faut lire les chiffres.


La première étape est une simple correction statistique: intégrer des décès déjà survenus mais non comptabilisés. Ces données peuvent donner une image plus fidèle de la létalité. Le virus n'intervient qu'ensuite dans l'analyse épidémiologique, et la courbe réelle reste stable.


Un réflexe à adopter, pas seulement en Ituri


Publier un bilan n'est pas un aveu d'échec, c'est une façon de prendre de l'avance sur l'épidémie. Qu'il s'agisse d'Ebola, de cas confirmés ou de taux de létalité, plus les données sont transparentes, plus les chances de contenir le virus sont grandes. La RDC rappelle donc un message simple: en cas de chiffres, de rumeur ou à partir d'une simple hausse affichée, il faut vérifier la source, comprendre la méthode et garder son calme.

Par Hylane Okomo

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