LE TOURISME AU GABON: LE PARI D'UNE ÉCONOMIE VERTE POUR VALORISER PARCS, PLAGES ET CULTURE
Après le pétrole et le bois, le Gabon veut miser sur son troisième or: sa nature. Pendant toute l'année, la question du tourisme invite les Gabonais à redécouvrir leur pays autrement, un sujet qu'ils abordent encore trop peu. Éléphants, gorilles, plages sauvages, lacs et traditions: les atouts sont immenses, alors que, selon les professionnels du secteur et le ministère du Tourisme, le pays n'accueille encore que quelques milliers de visiteurs par an. Cette année, la volonté est affichée de faire du tourisme un levier économique local.
Trois leviers dans le viseur
Le secteur cible trois formes de tourisme au Gabon.
Le tourisme nature est présenté comme le plus puissant au Gabon et la première vitrine du pays à l'international. Il touche surtout les 13 parcs nationaux, dont Loango, Ivindo et Pongara. Souvent intact au début, il attire les amoureux de faune et de forêts, d'où l'importance d'une offre accessible.
Le tourisme balnéaire concerne une population plus jeune, principalement entre 18 et 40 ans, en quête d'évasion de week-end. Moins développé, il se concrétise pourtant par une simple journée au Cap Estérias, à Pointe-Denis ou à Mayumba. Lorsqu'il est bien organisé, ses retombées sont rapides pour les communautés locales.
Le tourisme culturel est plus rare, mais il est souvent découvert tardivement au Gabon, le manque de promotion retardant son essor. Il touche directement les rites, les musées, la gastronomie et les villages, et fixe le souvenir au-delà de la simple photo.
Coût élevé et manque d'infrastructures: une crainte à relativiser
Parmi les obstacles au tourisme gabonais, la peur du coût et de l'enclavement arrive en tête. Beaucoup de Gabonais y voient une activité réservée aux expatriés, au risque de ne jamais voyager chez eux. Les spécialistes, notamment les opérateurs locaux basés à Libreville et Lambaréné, rappellent pourtant que ce n'est pas par là que commence l'expérience.
La première étape est une simple redécouverte: une excursion d'une journée, une visite guidée de la forêt, parfois associée à un pique-nique en famille. Ces petites escapades peuvent donner une première envie de voyager local. Le grand safari n'intervient qu'ensuite, comme une étape supérieure, et il devient plus accessible avec le tourisme intérieur.
Un réflexe à adopter, pas seulement pour les étrangers
Faire du tourisme n'est pas un aveu de luxe, c'est une façon de prendre soin de son pays et de son économie. Qu'il s'agisse de nature, de plage ou de culture, plus on visite local, plus les chances de créer des emplois jeunes sont grandes. Le tourisme rappelle donc un message simple: en cas de congé, de week-end prolongé ou à partir d'une simple curiosité, il faut penser Gabon d'abord et devenir touriste chez soi.