DÉMOLITIONS AU PK8

Des habitations détruites, des populations dans l’incertitude. L’opération de démolition des logements dans la zone dite du marché Banane, au PK8, se poursuit dans un climat de détresse et d’incompréhension. Depuis vendredi dernier, plusieurs habitations, commerces de proximité et espaces de stockage ont été réduits en gravats par des engins de chantier. Au milieu des décombres, des familles affirment ne pas avoir été recensées ni informées que leurs domiciles figuraient parmi les constructions concernées.
Pour ces habitants, la situation est d’autant plus difficile qu’ils disent ne pas s’opposer au projet d’aménagement porté par l’État, mais réclament davantage de transparence sur les critères retenus pour les démolitions.
"Nous avions un document ici de euh du cadastre à l'époque des années 82 qu'ils étaient venus faire le plan de le plan de bornage et tout. à notre grande surprise quand ils viennent pour après le les bassins versants, après les bassins versants, ils viennent pour le projet de la route. Ils veulent ravir tout le terrain. Voici la position du terrain. La position du terrain cette maison blanche là derrière a été dédommagée. Déjà c'était pour une tente. Elle a été démolie à cause du bassin versant. Quand nous quittons du bas ici sur la maison de la tente, on monte par le haut, on demande de casser les toitures parce que la route doit passer. ce qui nous enlève peut-être une en affaire une quinzaine de mètres sur la voie. Pourquoi est-ce que sur les 15 m que nous enlevons sur la voie, pourquoi ça va accéder sur à prendre à récupérer tous nos terrains ? C'est la question qui se pose aujourd'hui. Vraiment la question"
a déclaré une première victime
Des familles qui disent ne pas être concernées
Au-delà des pertes matérielles, les habitants dénoncent l’absence de communication claire autour de l’opération. Certains assurent que leurs maisons ne portaient aucun marquage annonçant une destruction imminente.
"Nous n'avons pas été recensés, nous ne sommes pas contre le projet de l'État".
Un autre riverain raconte sa surprise face à l’arrivée des équipes de démolition.
"On nous avait parlé d'un déguerpissement mais nos maisons n'avaient pas été identifiées à la destruction. Où va-t-on aller ?"
Un témoignage qui illustre l’angoisse des familles désormais confrontées à la perspective de perdre leur toit sans solution immédiate de relogement.
"Ils ont prévu casser les bâtiments ici. Nous n'étions pas concernés. Ils avaient mis les marquages sur les deventures. Nous n'étions pas parmi les domiciles n'étaient pas concernés. À notre grande surprise, le vendredi 23 quand ils sont arrivés pour les casses, il nous font attendre que ça va étendre jusqu'au canal"
L’aménagement urbain face à l’urgence sociale
Du côté des autorités, l’opération vise à désengorger cette zone et à réduire les risques d’inondation, particulièrement préoccupants en saison des pluies. Toutefois, les conséquences sociales des démolitions alimentent les inquiétudes des occupants.
"La seule raison qui m'inquiète, c'est du fait que lundi matin, ils vont venir casser les logements et je suis inquiétée. Je vais aller où ? Il y a eu la première partie qui a été cassée. Ils ont été relogés dédommagés. Je veux seulement tout simplement des mesures d'accompagnement pour toute ma famille"
Face à cette détresse, les familles sollicitent l’intervention du gouvernement afin d’obtenir des mesures d’accompagnement adaptées. Au PK8, l’enjeu est désormais de concilier les impératifs d’aménagement urbain avec la protection des populations, en privilégiant des solutions durables de relogement pour les ménages affectés.
