tvplusafrique

Société

GABON, NAISSANCES MULTIPLES, DES FAMILLES LIVRÉES À ELLES-MÊMES FACE AUX DÉPENSES

GABON, NAISSANCES MULTIPLES, DES FAMILLES LIVRÉES À ELLES-MÊMES FACE AUX DÉPENSES
Au Gabon, les familles accueillant des jumeaux ou des triplés font face à de lourdes dépenses. Les aides publiques restent-elles suffisamment inclusives ?

Au Gabon, accueillir des jumeaux ou des triplés est un événement heureux qui peut rapidement devenir une épreuve financière pour les familles aux ressources limitées. Le 24 septembre 2026, le quotidien L’Union relayait l’appel à l’aide d’une jeune mère de triplés dans la province de la Ngounié. Confrontée aux dépenses liées à la prise en charge de ses trois bébés, elle a sollicité la solidarité publique.


Cette situation remet en lumière une question sociale, quels dispositifs existent pour accompagner les familles confrontées à des naissances multiples, particulièrement lorsqu’elles ne disposent pas de revenus stables ?


Des dépenses multipliées dès les premiers jours


L’arrivée de plusieurs enfants simultanément entraîne des besoins matériels importants. Lait infantile, couches, vêtements, consultations médicales, vaccins et déplacements représentent autant de dépenses qui s’accumulent dès les premiers jours.


Pour les ménages modestes, ces charges peuvent déséquilibrer un budget déjà consacré au logement, à l’alimentation et aux autres besoins familiaux. Lorsque les parents sont sans emploi ou exercent une activité informelle, l’absence de revenus réguliers rend la situation encore plus difficile.


Au-delà des dépenses immédiates, les familles doivent également anticiper le suivi médical, l’alimentation et, à terme, la scolarité des enfants.


Une prime de naissance prévue pour les agents de l’État


Le Gabon dispose d'un dispositif spécifique pour les agents publics. La loi n° 007/2017 du 9 août 2017 relative aux prestations familiales et sociales applicables aux agents de l’État prévoit, à son article 17, une prime de naissance de 60 000 FCFA par enfant, selon les dispositions rapportées dans l’article.


En cas de naissance multiple, une prime est prévue pour chaque enfant. Ce mécanisme apporte donc un soutien aux familles relevant de la Fonction publique.


Toutefois, la question de l’accompagnement des personnes qui ne bénéficient pas de ce statut demeure posée. Les travailleurs du secteur informel, les personnes sans emploi et les ménages économiquement fragiles peuvent eux aussi faire face à des dépenses importantes après une naissance multiple.


Les familles vulnérables face aux limites de la solidarité


Lorsqu’une aide institutionnelle ne répond pas à tous les besoins, certaines familles se tournent vers leurs proches, les associations, les médias ou les réseaux sociaux.


Cette solidarité peut apporter un soulagement immédiat, mais elle reste incertaine et dépend de la mobilisation du public. Elle ne garantit pas un accompagnement durable pour les dépenses de santé, d’alimentation et de suivi des enfants.


La question est donc celle de l’équité, l’accès à une aide après une naissance multiple doit-il dépendre du statut professionnel des parents ou de la vulnérabilité réelle de leur foyer ?


Une politique nataliste à traduire en mesures concrètes


La question prend également une dimension politique. À l’issue du Dialogue national inclusif, une politique nataliste figurait parmi les orientations évoquées. Pour produire des effets concrets, cette ambition pourrait s’accompagner de dispositifs précisant les conditions d’accès aux aides, les bénéficiaires concernés et les modalités de suivi.


Un accompagnement mieux adapté pourrait notamment prendre en compte les familles à faibles revenus, les mères isolées et les parents confrontés à des dépenses médicales ou matérielles particulièrement élevées.


Il reste toutefois nécessaire de distinguer les orientations politiques annoncées des mesures effectivement adoptées et financées.


Faut-il une aide plus inclusive pour les naissances multiples ?


La naissance de jumeaux ou de triplés relève d’un événement naturel, mais les besoins supplémentaires qu’elle entraîne sont bien réels. Pour les familles vulnérables, un soutien ciblé pourrait contribuer à protéger la santé des enfants et à réduire la pression financière sur les parents.


Au Gabon, les aides actuelles sont-elles suffisantes pour accompagner les familles qui accueillent plusieurs enfants à la fois ? Faut-il instaurer une aide spécifique accessible également aux parents sans emploi ou travaillant dans le secteur informel ?


Le débat est ouvert sur la place de la protection sociale dans l’accompagnement des familles les plus fragiles.

Par Hylane Okomo

Top Articles