VALORISATION LOCALE
Des ressources abondantes, mais un défi de valorisation
Le message présidentiel est sans équivoque.
« La diversification de l’économie par la transformation locale des ressources naturelles n’est pas une option »
souligne le compte rendu du Conseil des ministres. En demandant aux ministres chargés de l’Industrie et des Mines d’amener les opérateurs économiques et leurs partenaires à intégrer cette exigence dans leurs stratégies de développement, le chef de l’État entend donner une impulsion supplémentaire à la transformation de l’économie gabonaise.
Un pays peut disposer d’importantes richesses naturelles sans en tirer pleinement profit si une part significative de la transformation et de la valeur ajoutée est réalisée ailleurs. La question est donc de savoir quelle proportion des revenus, des emplois et des compétences générés par ces activités peut être durablement conservée au Gabon.
Transformer localement le bois, les minerais ou d’autres matières premières, lorsque les conditions économiques et techniques le permettent, peut favoriser l’émergence d’industries, stimuler les activités connexes et renforcer les débouchés pour les entreprises nationales.
Faire de l’industrie un moteur de développement
La volonté exprimée par le président de la République suppose toutefois davantage qu’une orientation politique. Elle nécessite des investissements, une énergie disponible à un coût compétitif, des infrastructures adaptées, une main-d’œuvre qualifiée et un cadre réglementaire prévisible. Sans ces conditions, l’obligation de transformer localement risque de se heurter aux contraintes auxquelles les entreprises sont confrontées.
Le rôle de l’État sera donc déterminant pour rapprocher les ambitions nationales des réalités industrielles. Il lui faudra notamment dialoguer avec les investisseurs, encourager les partenariats avec les entreprises gabonaises et veiller à ce que les projets développés produisent des retombées économiques mesurables.
La réussite de cette stratégie ne devrait pas se mesurer uniquement au nombre d’usines construites ou aux volumes transformés, mais aussi aux emplois créés, aux compétences transmises, aux entreprises locales mobilisées et aux recettes générées pour le pays.
Transformer les ressources en richesses pour les populations
Le chef de l’État a rappelé que les ressources gabonaises
« doivent désormais être transformées en richesses au bénéfice des populations »
Cette formulation place la question du partage des retombées économiques au cœur de la stratégie annoncée.
Car la transformation locale n’a de véritable portée sociale que si ses bénéfices dépassent les seuls acteurs industriels. Les populations doivent pouvoir en percevoir les effets à travers l’emploi, la formation, le développement des territoires et l’élargissement des opportunités économiques.
Le cap est ainsi fixé. Mieux valoriser les ressources naturelles pour renforcer la production nationale.