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PÉNURIE DE CARBURANT , POURQUOI LE BIDON PERDURE ?

PÉNURIE DE CARBURANT , POURQUOI LE BIDON PERDURE ?
Malgré les instructions du ministre interdisant le remplissage des bidons domestiques dans les stations-service, des usagers ont encore été aperçus ce matin avec leurs récipients à la station Saint-Anne, à la gare routière de Libreville.

Ce matin, plusieurs personnes ont été aperçues avec des bidons devant la station Saint-Anne, à la gare routière de Libreville.  Cette situation intervient malgré la note du ministre interdisant le remplissage des bidons domestiques dans les stations-service. La présence de ces usagers interroge sur l'insistance de l'utilisation des bidons dits domestiques et l’application effective de cette mesure sur le terrain.


Quand la précarité impose le système D 


Si les populations continuent de se rendre dans les stations-service avec des bidons dits « domestiques », ce recours ne doit pas nécessairement être interprété comme un choix délibéré. Il peut surtout s’expliquer par l’absence d’alternatives accessibles permettant de transporter et de stocker du carburant dans des conditions adaptées.


À cela s’ajoute le fait que le pays ne dispose pas, ou presque pas , de magasins spécialisés dans la vente de jerricanes et de contenants spécifiquement conçus pour le transport et le stockage du carburant. Face à cette insuffisance de l’offre, les populations utilisent les moyens dont elles disposent pour répondre à leurs besoins.


Ainsi, lorsqu’une personne se rend dans une station-service avec un bidon domestique, son comportement peut traduire avant tout une contrainte pratique : elle doit pouvoir acheter une quantité de carburant, la transporter, la conserver et, le cas échéant, l’utiliser pour assurer ses déplacements en véhicule. Le bidon devient alors un moyen de substitution en l’absence d’un circuit de distribution spécialisé et facilement accessible.


Il serait donc réducteur d’attribuer uniquement aux consommateurs la responsabilité de l’utilisation de ces contenants. Pour comprendre ce phénomène, il faut également prendre en compte l’environnement dans lequel ils évoluent : disponibilité des contenants adaptés, proximité des points de vente, coût des solutions alternatives et nécessité de disposer de carburant pour assurer la mobilité quotidienne.


En définitive, le recours aux bidons dits « domestiques » peut être considéré comme le résultat d’un déficit d’alternatives plutôt que comme un simple choix des consommateurs. La question mérite donc d’être abordée sous l’angle de l’accessibilité et de la disponibilité des solutions adaptées au transport et au stockage du carburant.

Par NYANGUI

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