VIDÉO-VERBALISATION GABON
Des caméras bientôt opérationnelles sur les routes
La surveillance des routes gabonaises passe à une autre vitesse. À l'initiative de la DGSR, une mission de terrain a été organisée dans plusieurs secteurs du Grand Libreville afin d'examiner les installations destinées à accueillir les premières caméras de vidéo-verbalisation.
Conduite par le directeur général de la Sécurité routière et ses collaborateurs, cette opération avait pour objectif de vérifier le fonctionnement des équipements et de s'assurer de leur aptitude à remplir les missions qui leur seront confiées. Cette inspection constitue une étape importante avant le lancement officiel d'un dispositif inédit dans le pays.
L'initiative fait suite aux annonces formulées en début d'année par le ministre d'État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi. Le membre du gouvernement avait alors évoqué l'introduction prochaine de cette technologie, destinée à moderniser le contrôle de la circulation et à renforcer la discipline sur les routes.
Les automobilistes bientôt sous surveillance numérique
Avec ce nouveau système, les comportements dangereux pourraient être plus facilement repérés et sanctionnés. Les caméras déployées devraient notamment permettre de relever les excès de vitesse, le franchissement irrégulier des feux rouges ainsi que les stationnements interdits.
L'automatisation du contrôle pourrait ainsi réduire la dépendance aux interventions physiques des agents de circulation. Pour les autorités, l'enjeu est également de responsabiliser les conducteurs et de contribuer à la prévention des accidents.
La DGSR entend, selon ses explications, mettre en place un mécanisme « fiable et efficace ». L'inspection des installations doit précisément permettre de s'assurer que les équipements répondent aux exigences techniques nécessaires avant leur exploitation.
La notification des amendes, un défi majeur
Toutefois, la présence de caméras ne suffira pas, à elle seule, à garantir l'efficacité de cette réforme. La véritable difficulté résidera dans le traitement des infractions enregistrées et dans la transmission des contraventions aux automobilistes concernés.
Comment les conducteurs seront-ils informés de leurs infractions ? Par quel moyen devront-ils régler leurs amendes ? Et quelles garanties leur permettront de contester une sanction qu'ils estimeraient injustifiée ?
Le projet de digitalisation du transport routier prévoit notamment une plateforme numérique interconnectée, un registre national des véhicules et la dématérialisation des procédures de verbalisation. Ces outils devraient faciliter l'identification des propriétaires et le traitement des infractions.
Le dispositif devra néanmoins préciser les modalités de validation des constats, les procédures d'envoi des avis de contravention et les moyens de recours accessibles aux automobilistes. La protection des droits des usagers constituera donc un élément essentiel de sa mise en œuvre.
Une réforme attendue sur le terrain
En juillet dernier, Paulin Bekale Mba, chargé d'études à la DGSR, avait déjà apporté des précisions sur le fonctionnement envisagé.
« Dès que l’infraction est captée par l’objectif, la plaque d’immatriculation est scannée et le système génère un avis de contravention. Les informations relatives au véhicule en délit seront instantanément partagées et diffusées en réseau sur l’ensemble de nos postes de contrôle fixes »
Cette explication laisse entrevoir un système dans lequel les infractions pourraient être détectées et transmises rapidement aux services compétents.
Avec l'installation des premières caméras, le Gabon se rapproche donc d'une transformation importante de sa politique de sécurité routière. Il est désormais question de traduire les ambitions technologiques en résultats concrets, tout en garantissant la transparence des procédures et le respect des droits des automobilistes.