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LA COURSE CONTRE LA MONTRE, PEUT-ON VRAIMENT ATTEINDRE 12 000 DOSSIERS D’ICI 2026 ?

LA COURSE CONTRE LA MONTRE, PEUT-ON VRAIMENT ATTEINDRE 12 000 DOSSIERS D’ICI 2026 ?
Régularisation de 12 000 dossiers publics au Gabon : défi administratif d’ici 2026

Hermann Immongault, vice-président du gouvernement, s’est réuni le 4 mars 2026, à Libreville, avec plusieurs ministres sectoriels pour faire le point sur un chantier qui occupe toutes les discussions depuis plusieurs mois. La régularisation des situations administratives des agents publics. Depuis l’engagement pris par le chef de l’État en 2025, l’objectif officiel est ambitieux. 12 000 régularisations avant la fin de l’année 2026.


Les bureaux de la Fonction publique et des ministères concernés débordent de dossiers. Les agents y passent des heures à vérifier des documents, à rectifier des erreurs et à saisir des informations dans des systèmes parfois archaïques. À l’extérieur, certains fonctionnaires gabonais attendent depuis des années, traînant avec eux le poids de démarches inachevées, de promesses non tenues et de paperasse qui s’accumule. L’enjeu est colossal. Il  s’agit de garantir une solde correcte, ne tarit pas d’éloges sur la sécurisation des carrières et la  restauration de  la confiance dans l’administration. Marcel Abeghe, ministre délégué à l’Économie chargé du Budget, a rappelé que pour le mois de mars, 350 régularisations sont prévues pour l’Éducation nationale, 200 pour le ministère de la Santé et 100 pour l’Enseignement supérieur.


Cette réunion, entre rapports chiffrés et discussions stratégiques, illustre la complexité de la tâche. Atteindre un objectif colossal dans un délai très court, avec des moyens humains et logistiques limités. Mais au-delà des chiffres et des plans, se pose la question cruciale. La promesse gouvernementale est-elle réaliste ?


Des objectifs ambitieux mais serrés


Selon les projections, les 12 000 régularisations prévues devraient se répartir ainsi. 4 000 pour l’Éducation nationale, 2 000 pour la Santé et 1 000 pour l’Enseignement supérieur. Marcel Abeghe insiste sur la nécessité de respecter un « ratio mensuel » pour que chaque dossier soit traité et pris en compte dans la solde. Les chiffres semblent clairs sur le papier, mais les responsables de terrain pointent très rapidement les difficultés.


À Libreville, dans un centre de traitement des dossiers de l’état civil, un responsable explique qu’avec le personnel actuel, le traitement mensuel est bien inférieur aux objectifs officiels. Cette divergence entre ambition politique et réalité administrative est au cœur de la problématique. Si chaque ministère devait respecter son quota mensuel, chaque agent devrait traiter plus de dossiers que ce que permettent ses capacités actuelles.


 Il faudrait traiter en moyenne environ 1 000 dossiers par mois. 


Ce chantier tient à cœur aux fonctionnaires gabonais. Jeanne, enseignante dans une école primaire, attend la régularisation de sa situation administrative depuis plus de six ans. « Sans ce document, je tourne en rond, et mon avancement est bloqué », raconte-t-elle avec une pointe d’inquiétude. Des milliers de fonctionnaires comme elle vivent dans cette attente, et chaque mois sans régularisation pèse sur leur carrière et leur quotidien.


Les citoyens et les agents administratifs convergent sur un constat. La réussite de ce plan dépend autant de la volonté politique que de la capacité opérationnelle des centres de traitement. Les audits du fichier de la fonction publique et du fichier solde, évoqués par Hermann Immongault, viennent rappeler que la régularisation n’est pas seulement une question de quantité, mais aussi de qualité et de fiabilité des données.


Une course contre la montre engagée


Pour atteindre 12 000 régularisations en moins d’un an, il faudrait traiter en moyenne environ 1 000 dossiers par mois. Or, sur le terrain, les centres disent en traiter bien moins. Cette différence souligne l’ampleur du défi. Chaque retard mensuel risque de compromettre l’objectif annuel. Le vice-président du gouvernement insiste sur l’urgence de ces dossiers, mais la logistique et le manque de personnel restent des obstacles majeurs.


Des voix au sein de l’administration suggèrent des solutions comme la numérisation accélérée, le renfort temporaire de personnel et la simplification des procédures de vérification. Mais ces mesures nécessitent coordination, financement et temps, trois ressources précieuses et limitées.


Les chiffres officiels sont ambitieux


Alors que l’année avance, la question demeure. Le gouvernement pourra-t-il réellement tenir sa promesse de 12 000 régularisations d’ici décembre 2026 ? Les chiffres officiels sont ambitieux, les intentions claires, mais la réalité du terrain indique que la route sera semée d’embûches. Pour le moment, la course contre la montre est lancée. Sur le terrain, les centres d’état civil travaillent à plein régime, mais le défi reste colossal. Chaque dossier régularisé rapproche le gouvernement de son objectif, mais chaque retard met en lumière l’écart entre les annonces politiques et la capacité réelle des services.


 


 




Par Pamphil

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