CHANTIER RELANCÉ
Des travaux de réhabilitation souvent lancés, mais jamais achevés, la Transgabonaise a souvent suscité beaucoup d'espoirs déçus. Les autorités entendent désormais changer cette triste réputation et donner une nouvelle impulsion aux travaux afin de parvenir à une réalisation durable de cette infrastructure. Une mission de terrain a ainsi permis au gouvernement de se rendre sur les différents sites compris entre les PK24 et PK40, afin d'évaluer la progression des opérations conduites par la Société autoroutière du Gabon (SAG).
Entre les PK24 et PK40, un chantier relancé
La Nationale 1 fait l’objet de travaux depuis plusieurs années, avec des périodes marquées par des arrêts qui ont retardé l’avancement du projet. Une nouvelle dynamique semble toutefois se dessiner avec la reprise effective des opérations sur le terrain par la SAG.
À l’occasion de cette visite, les responsables du projet ont présenté les différents secteurs actuellement concernés par les travaux. L’objectif est désormais de parvenir à une progression régulière du chantier et, surtout, à son achèvement, alors que les populations et les transporteurs attendent depuis longtemps une amélioration durable de cette portion de la route.
Pour renforcer ses capacités d’intervention, la SAG travaille désormais avec le groupe chinois China Road and Bridge Corporation (CRBC). Deux entreprises gabonaises ont également été mobilisées pour assurer l’entretien des voies de déviation et maintenir des conditions de circulation acceptables pendant la réalisation des travaux.
Le précédent constructeur, engagé contractuellement en 2020, est resté plusieurs années sur le projet sans parvenir à respecter l’ensemble de ses obligations. Des difficultés d’ordre technique et financier ont notamment empêché la réalisation complète des engagements prévus. Cette situation a conduit à une nouvelle organisation du chantier.
Dans le cadre du partenariat établi avec l’État gabonais, la SAG ne se limite pas à la construction de l’infrastructure. Elle devra également assurer son entretien et sa maintenance pendant une période de trente ans. Cette responsabilité s’inscrit dans une logique de durabilité de l’ouvrage et de préservation de sa qualité sur le long terme.
Une chaussée conçue selon des standards renforcés
Pour cette nouvelle phase, des choix techniques ont été opérés afin d'améliorer la résistance et la durée de vie de la future chaussée. La structure routière doit atteindre une épaisseur d’environ un mètre, avant la mise en place d’une couche de 24 centimètres d’enrobé à module élevé.
Le projet prévoit également l’élargissement de la route pour atteindre une configuration en quatre voies. Le financement est assuré par le fonds d’investissement français Méridiam, dans le cadre d’une coopération économique entre le Gabon et la France.
Cette dimension internationale s’est notamment illustrée par la présence de l’ambassadeur de France lors de ladite visite de terrain. Le projet s’inscrit dans une dynamique renforcée par les échanges entre les autorités gabonaises et françaises.
Les discussions engagées au plus haut niveau entre les deux pays ont notamment porté sur l’avenir de cette infrastructure. La visite d’État du président Brice Clotaire Oligui Nguema à Paris, en juillet, a constitué une nouvelle étape dans cette coopération. Le projet de la Transgabonaise figure parmi les dossiers auxquels le chef de l’État accorde une attention particulière.
À la suite de ces échanges, l’État gabonais, les partenaires français, le bailleur et les entreprises chargées de l’exécution ont travaillé à la recherche de solutions permettant de relancer le chantier et de lui donner une nouvelle trajectoire.
Les contraintes liées aux emprises du projet
La reprise des travaux implique également de résoudre plusieurs contraintes liées à l’emprise de la future route. Certaines infrastructures existantes se trouvent directement sur le tracé prévu. C’est notamment le cas d’une partie des installations relevant des Eaux et Forêts, appelée à être démolie en raison de sa localisation sur l’emprise du projet.
La configuration retenue impose en effet le respect d’une chaussée à deux fois deux voies, avec des dimensions précises à respecter. Lorsque les installations concernées relèvent de l’administration publique, l’État doit donc prendre en charge les opérations nécessaires à leur déplacement.
Pour les autres occupations situées sur l’emprise, les autorités procèdent à des évaluations avant d’adresser, lorsque cela est nécessaire, des mises en demeure aux occupants concernés. L’objectif est de libérer progressivement le tracé afin de permettre aux entreprises de poursuivre leurs interventions sans obstacle.
Les conditions météorologiques constituent également un défi pour les équipes. Les pluies peuvent ralentir le rythme des travaux, mais elles ne doivent pas entraîner un arrêt systématique du chantier. Les entreprises sont appelées à adapter leur organisation aux conditions du terrain et à renforcer les équipes dès que les périodes favorables le permettent.
Lorsque les conditions sont réunies, l’accélération du rythme doit permettre de compenser les périodes de ralentissement. La multiplication des équipes et une meilleure organisation des opérations doivent contribuer au respect des délais annoncés.
Entre les PK24 et PK40, l’enjeu dépasse donc la seule réalisation d’une nouvelle chaussée. Pour les populations, les transporteurs et l’ensemble des usagers de la Nationale 1, l’attente porte sur une infrastructure fiable, praticable et durable.
Après cette étape consacrée au tronçon PK24-PK40, les équipes doivent poursuivre les missions de suivi sur d’autres secteurs de la Transgabonaise. Le linéaire Ntoum-Donguila constitue ainsi l’une des prochaines étapes annoncées dans le cadre du contrôle de l’avancement des travaux et de la qualité des ouvrages.
