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PATIENTS PÉNALISÉS

PATIENTS PÉNALISÉS
L'Éducation nationale et la Santé concentrent la majorité des situations irrégulières examinées.

Le Gabon vient de franchir une nouvelle étape dans le nettoyage de son fichier de la Fonction publique. Entre le 8 juin et le 24 juillet 2026, la Commission exceptionnelle des litiges a examiné 1 765 situations irrégulières. Selon les résultats présentés par la ministre, l’Éducation nationale, la Santé et l’Économie et les Finances regroupent à elles seules 62 % des situations examinées, les 38 % restants étant répartis entre les autres portefeuilles et institutions. À l’arrivée, 1 473 radiations ont été prononcées et 292 dossiers réhabilités.


Mais au travers ces chiffres se dessine surtout une question plus embarrassante. Comment de telles anomalies ont-elles pu s’installer dans des secteurs aussi stratégiques que l’Éducation, la Santé et les Finances ? 


Éducation : quand l’absence devient un problème d’État


Avec 384 dossiers examinés, dont 269 abandons de poste, l’Éducation nationale concentre le plus grand nombre de situations relevées. L’enjeu dépasse la seule discipline administrative. Un agent absent de son poste, lorsqu’il est effectivement rémunéré par l’État, représente une dépense sans service rendu.


Mais le problème est également institutionnel. Si les absences peuvent durer suffisamment longtemps pour apparaître dans une opération nationale d’assainissement, c’est que les mécanismes ordinaires de contrôle ont largement montré leurs limites. La réforme devra donc chercher autant les responsabilités individuelles que les failles du système qui ont permis leur persistance.


Santé : l’absence dans un secteur où chaque poste compte


La Santé affiche 158 abandons de poste et 29 blâmes parmi les dossiers examinés. Ici, les conséquences potentielles sont particulièrement sensibles. Dans un service de santé déjà soumis aux contraintes de personnel, l’absence injustifiée d’un agent peut reporter la charge sur ses collègues et perturber la continuité du service.


L’enjeu est donc double. Restaurer la discipline administrative et garantir que les ressources publiques correspondent effectivement à des prestations disponibles pour les citoyens.


Finances : le paradoxe de l’administration financière


Avec 111 situations examinées, l’Économie et les Finances figurent également parmi les trois ministères les plus concernés. Le contraste interpelle. L’administration chargée de surveiller les ressources de l’État a elle-même failli aux exigences de rigueur qu’elle impose à la gestion publique.


Au-delà des 11,319 milliards de francs CFA d’impact financier annoncés, l’enjeu est désormais d’empêcher la reconstitution de telles anomalies. Le véritable test de la réforme sera donc moins la radiation que la capacité à rendre ces dysfonctionnements durablement impossibles.

Par Pamphil

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