RECULE DE 4,9 % AU DEUXIÈME TRIMESTRE
Au deuxième trimestre de l’année en cours, la production de grumes au Gabon a accusé un recul de 4,9 % par rapport au trimestre précédent, selon la note de conjoncture sectorielle publiée par la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale. Ce creux de la vague s’explique principalement par les difficultés d’évacuation des bois liées à la saison des pluies, amplifiées par l’insuffisance persistante de wagons sur le réseau ferroviaire, qui entrave l’acheminement vers les ports et les zones de transformation.
Sur l’ensemble de l’année 2024, diverses estimations font état d’un recul notable de la production de bois brut, en ligne avec des tendances de contraction observées au quatrième trimestre. En 2024, la production a globalement suivi une dynamique fluctuante, marquée par des augmentations ponctuelles mais soldée par un bilan annuel en retrait par rapport à 2023.
L’année 2023 avait déjà été marquée par une chute de production d’environ 30 % au dernier trimestre, consécutive aux perturbations post‑30 août 2023 et à la forte contraction de la demande mondiale, notamment en Chine, principal marché d’écoulement.
Poids économique et emplois
Sur le plan économique, la filière bois – dont les grumes constituent le cœur brut – demeure un secteur stratégique pour le Gabon. En 2023, le secteur forestier a contribué à hauteur de 41,9 milliards de FCFA au budget de l’État, soit environ 0,3 % du PIB, tout en représentant près de 6 % des exportations nationales et 3,2 % du PIB. Le bois est aussi l’un des premiers employeurs du secteur privé, avec près de 15 000 emplois formels générés.
Exploitation forestière et zones clés
Le Gabon est riche d’une forêt dense couvrant une grande partie de son territoire. Malgré ce potentiel, l’exploitation industrielle ne représente qu’une fraction du gisement total, souvent estimée entre 25 % et 50 % de la capacité maximale potentielle, selon les experts du secteur forestier.
La production de grumes est concentrée dans quelques provinces dominantes : Ogooué‑Lolo, Ogooué‑Ivindo, Woleu‑Ntem, Ngounié et Haut‑Ogooué, qui concentrent près de 89 % de la production nationale.
On compte une quarantaine d’entreprises forestières formelles titulaires de concessions, auxquelles s’ajoutent des opérateurs artisanaux.
Causes du recul et précédents
Outre les intempéries et les contraintes logistiques, la baisse de la demande mondiale et les difficultés d’accès aux marchés internationaux pèsent lourdement sur l’activité. Ce type de recul n’est pas inédit : le secteur avait déjà connu une chute importante fin 2022 en raison de la hausse des coûts d’exploitation et des problèmes de logistique.
Réponses gouvernementales
Depuis août 2023, le gouvernement gabonais a multiplié les mesures pour dynamiser la filière : renforcement des infrastructures ferroviaires, incitations à la transformation locale dans la zone économique spéciale de Nkok, et réglementation plus stricte pour sécuriser l’exploitation durable. Des experts soulignent que la relance durable passe par l’intégration verticale, une meilleure logistique, et l’accès à des marchés diversifiés, tout en rappelant que l’écosystème forestier reste confronté à des vents contraires internationaux.
Dans l’ensemble, ces données montrent que le secteur des grumes, bien que confronté à des difficultés cycliques, continue d’être un pilier de l’économie gabonaise, dont la grise mine actuelle pourrait bientôt laisser place à des signes de redressement si les réformes en cours portent leurs fruits.