tvplusafrique

Société

11 MILLIARDS ÉCONOMISÉS

11 MILLIARDS ÉCONOMISÉS
Fonction publique : l’État assainit le fichier solde et maîtrise ses dépenses.



Fonction publique. L’assainissement du fichier solde livre ses conclusions. L’opération d’assainissement du fichier solde de l’État entre dans une nouvelle phase. À Libreville, la Commission chargée d’examiner les situations litigieuses relevées lors du recensement biométrique et administratif des agents publics a présenté, mardi, les conclusions de ses travaux. Celles-ci avaient été préalablement adoptées en Conseil des ministres le 18 septembre dernier.


Cette démarche s’inscrit dans le vaste chantier de réforme engagé par les pouvoirs publics pour moderniser l’administration gabonaise. Elle vise notamment à disposer d’un fichier des agents publics plus fiable, à mieux contrôler les effectifs de l’État et à contenir l’évolution de la masse salariale.


Vérifier les effectifs et sécuriser la solde


Pour la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong, cette opération répond à un impératif de meilleure gestion des ressources humaines publiques.


« Il s’agissait ici d’assainir les effectifs et de maîtriser la solde de l’État »


a-t-elle expliqué.


Le recensement avait pour objectif de vérifier la présence réelle des agents dans leurs administrations respectives et d’identifier les éventuelles irrégularités figurant dans le fichier solde. Une démarche qui devait permettre de rapprocher la situation administrative des agents de leur situation effective sur le terrain.


Huit mois de contrôle et de vérifications


Le dispositif de contrôle s’est étalé sur huit mois et s’est déroulé en deux étapes. Le chef de mission de la task force, le colonel Loïck Ossiba, a détaillé le mécanisme mis en place pour vérifier chaque situation.


Chaque agent devait se présenter personnellement avec les pièces nécessaires permettant d’établir son identité, son affectation et sa présence effective au sein de son administration.


Les données recueillies ont ensuite été confrontées aux informations issues du fichier de paie ainsi qu’à celles de la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI). Ces croisements de fichiers ont notamment permis de poursuivre les recherches concernant les agents qui n’avaient pas été retrouvés lors du recensement.


Lorsque la situation d’un agent ne pouvait être immédiatement établie, son bon de caisse pouvait être retenu. Cette mesure devait laisser le temps à l’administration de procéder aux contrôles nécessaires.


Des dossiers examinés au cas par cas


Les agents concernés par ces mesures ont eu la possibilité de saisir la Commission chargée des dossiers litigieux afin d’apporter des explications et de produire les documents susceptibles de justifier leur situation.


Certains dossiers concernaient notamment des agents installés à l’étranger depuis plusieurs années, y compris pour des motifs médicaux. Pour autant, l’administration rappelle que toute absence prolongée doit être encadrée par des procédures administratives et portée à la connaissance de la hiérarchie.


« Nous sommes dans une administration publique, tout est écrit. Toute action doit être justifiée avant même le départ et déclarée auprès de l’employeur »


a insisté le colonel Loïck Ossiba.


Le responsable rappelle ainsi que les agents publics bénéficient de droits, mais sont également soumis à des obligations professionnelles et administratives.


Environ 11 milliards de francs CFA d’économies


L’opération pourrait également avoir un impact financier pour l’État. Selon Laurence Ndong, la libération des postes budgétaires concernés devrait permettre de dégager près de 11 milliards de francs CFA d’économies.


La question de l’utilisation future de ces postes, notamment leur éventuelle ouverture à de nouveaux recrutements dans la Fonction publique, reste toutefois du ressort des autorités compétentes.


La ministre a également évoqué les situations dans lesquelles des agents auraient continué à percevoir une rémunération sans exercer effectivement leurs fonctions.


« L’État paie le service. Quelqu’un qui n’a pas travaillé ne peut pas avoir de salaire »


a-t-elle déclaré.


Des bons de caisse ont ainsi été retenus dans certains cas, le temps que les situations individuelles soient examinées. L’administration entend toutefois maintenir une approche au cas par cas, notamment lorsque les agents produisent des justificatifs susceptibles d’expliquer leur absence.


La maîtrise de la masse salariale en ligne de mire


Cette opération intervient dans un contexte où les dépenses de personnel représentent une part importante des charges de l’État. Elles étaient estimées à environ 809,1 milliards de francs CFA en 2025, selon les données évoquées à partir de la loi de règlement.


À travers l’assainissement du fichier solde, les autorités entendent donc renforcer la fiabilité des données relatives aux agents publics, améliorer le suivi administratif et mieux maîtriser les dépenses de personnel.


Au-delà du contrôle ponctuel, l’enjeu consiste désormais à inscrire cette démarche dans la durée afin de garantir une gestion plus rigoureuse des effectifs et des ressources consacrées à la Fonction publique.





Cette version conserve les informations et les citations essentielles, mais renouvelle la construction, le vocabulaire et l’enchaînement des idées pour éviter une reprise trop proche du texte initial.


Par Pamphil

Top Articles