MIGRANTS EN AFRIQUE DU SUD ,VERS UNE ENQUÊTE DE LA CPI ?
Deux ressortissants ghanéens, Palgrave Boakye-Danquah et Emmanuel Kotin, ont déposé,il y’a quelques jours , une requête auprès de la Cour pénale internationale afin de solliciter l'ouverture d'une enquête préliminaire sur les violences commises contre les migrants en Afrique du Sud.
Les deux requérants estiment que les violences visant les étrangers ne sont plus des incidents isolés, mais s'inscrivent dans une campagne récurrente et organisée.
Selon eux, les autorités sud-africaines n'ont pas pris les mesures nécessaires pour empêcher ces attaques, protéger les victimes ou poursuivre efficacement leurs auteurs, ouvrant ainsi la voie à une possible intervention de la CPI.
Une xénophobie qui continue de faire des victimes
Depuis plusieurs mois, les manifestations hostiles aux immigrés se multiplient en Afrique du Sud. Alimentées par des frustrations économiques et sociales, elles dégénèrent régulièrement en violences contre les communautés étrangères.Des migrants ont été tués ou agressés, tandis que leurs habitations et commerces ont été saccagés. De nombreux étrangers ont également été contraints de quitter leur lieu de résidence pour échapper aux violences.
Les manifestants accusent notamment les immigrés de contribuer au chômage, à l'insécurité et à la dégradation des conditions de vie, faisant d'eux les principales cibles de leur colère.
Le gouvernement conteste les accusations
Pretoria réfute toute accusation de passivité. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Chrispin Phiri, a dénoncé une initiative « opportuniste », affirmant que l'Afrique du Sud dispose d'un cadre juridique solide pour lutter contre les discriminations et sanctionner les violences.
Le président Cyril Ramaphosa a, de son côté, condamné à plusieurs reprises les actes xénophobes, exhortant les Sud-Africains à ne pas faire des étrangers les responsables des difficultés économiques auxquelles le pays est confronté.
Une décision très attendue de la CPI
La Cour pénale internationale ne s'est pas encore prononcée sur la recevabilité de cette requête. Si elle décidait d'ouvrir une enquête préliminaire, l'affaire pourrait créer un précédent sur la manière dont les violences xénophobes sont appréhendées par la justice internationale.
Au-delà de cette procédure, le dossier relance le débat sur la capacité de l'Afrique du Sud à protéger les populations migrantes. Malgré une population étrangère représentant environ 5 % des habitants du pays, les épisodes de violences xénophobes continuent de se répéter, alimentant les inquiétudes des organisations de défense des droits humains.