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LE PARLEMENT À LA RESCOUSSE

LE PARLEMENT À LA RESCOUSSE
Crise financière à l'Université Marien-Ngouabi : le Parlement sollicité pour éviter une année blanche.

Les difficultés financières qui frappent l’Université Marien-Ngouabi atteignent un seuil critique. Face à une trésorerie exsangue et à l’absence de financement pour son fonctionnement, le président de cette institution, le Pr Parisse Akouango, a lancé, le 8 juillet à Brazzaville, un appel pressant à la Commission économie, finances et contrôle de l’exécution du budget (Ecofin) de l’Assemblée nationale afin d’éviter une paralysie de l’année académique 2025-2026.


Recevant une délégation de députés conduite par le premier vice-président de la Commission Ecofin, Marien Mobondzo Endzonga, le président de l’université n’a pas caché son inquiétude.


« Je pense qu'avec votre appui, le ministère des Finances peut nous sauver cette année académique. En termes de fonctionnement, jusque-là, aucun franc. Nous avons des difficultés énormes »


a-t-il déclaré.


Une université confrontée à de multiples défis


La visite des parlementaires s’est déroulée à l’École normale d’administration et de magistrature (Enam), où sont en cours des travaux de réhabilitation et d’équipement de l’amphithéâtre, financés grâce aux ressources issues de la Taxe unique sur les salaires (TUS).


Profitant de cette rencontre, le Pr Parisse Akouango a dressé un tableau sans complaisance des difficultés auxquelles fait face la première université publique du Congo.


« Nous attendions cette descente de vous depuis longtemps pour des échanges constructifs. Notre alma mater éprouve des difficultés qui sont d'ordre endogène et exogène. Les conditions de travail, de fonctionnement, les stages et les travaux pratiques des enfants sont les vraies difficultés. Les antivaleurs sont en train de tuer notre grande université »


a-t-il affirmé.


Tout en saluant l’accompagnement de la Commission Ecofin dans le cadre du financement par la TUS, il a exhorté l’ensemble des partenaires à honorer leurs engagements.


« Je vous remercie sincèrement de cette réactivité liée au projet de la TUS. Vous avez donc répondu très favorablement et rapidement en nous incluant dans le processus de l'aide à travers la TUS »


a-t-il ajouté.


Malgré le dépôt des titres au Trésor public, les fonds attendus n’ont toujours pas été décaissés, une situation qui compromet sérieusement le fonctionnement quotidien de l’établissement.


La bancarisation des inscriptions, une avancée saluée


En dépit de ces contraintes budgétaires, l’Université Marien-Ngouabi poursuit ses efforts de modernisation. Son président a notamment mis en avant les résultats obtenus grâce à la bancarisation des frais d’inscription des étudiants.


« Parallèlement, nous faisons des efforts sur les menues recettes propres, à travers les inscriptions pour supporter toutes les charges des examens. C'est déjà une très bonne chose, avec l’appui de la ministre, nous sommes passés à la bancarisation. C'est-à-dire que les inscriptions sont payées directement dans les banques, à travers lesquelles nous faisons les chèques par rapport aux besoins des examens au niveau de la scolarité. De ce côté, nous avons réussi »


s’est-il réjoui.


Pour le responsable universitaire, cette réforme constitue un pas important vers une gestion plus transparente des ressources, même si elle ne saurait compenser l’absence des financements publics indispensables au fonctionnement de l’institution.


Un investissement de 700 millions FCFA grâce à la TUS


Le premier vice-président de la Commission Ecofin, Marien Mobondzo Endzonga, a rappelé que l’Université Marien-Ngouabi bénéficie, dans le cadre du budget de l’exercice 2026, d’une enveloppe correspondant à 5 % des recettes de la Taxe unique sur les salaires, soit près de 700 millions FCFA.


Selon lui, cette initiative, déjà expérimentée en faveur de l’Université Denis-Sassou-N’Guesso de Kintélé en 2025, pourrait être reconduite lors de l’examen de la loi de finances rectificative si les résultats sur le terrain s’avèrent concluants.


Parmi les onze établissements que compte l’Université Marien-Ngouabi, l’Enam a été retenue pour bénéficier en priorité de ce financement, destiné à la rénovation complète de son amphithéâtre.


Des travaux jugés trop longs


Les députés ont profité de leur déplacement pour constater l’état d’avancement du chantier. Si le démarrage effectif des travaux a été salué, plusieurs réserves ont toutefois été formulées.


« Nous sommes venus voir le choix qui a été fait, celui de réhabiliter l'amphi de l'Enam. Le président de l’université a bien voulu que nous visitions au début des travaux pour nous assurer de ce qui se fait au lieu d’attendre seulement la fin. Sur place, nous avons constaté un certain nombre de choses à corriger et avons exprimé notre insatisfaction sur le délai des travaux qui nous paraît très long »


a déclaré Marien Mobondzo Endzonga.


Le responsable parlementaire a également regretté l’absence de l’expertise du Bureau de contrôle du bâtiment et des travaux publics (BCBTP) sur ce chantier.


Confiés à la société Sorom Holding, les travaux s’étaleront sur deux ans. Selon son responsable technique, Alain Barhouch, le projet sera exécuté en quatre phases, à commencer par les gros œuvres, notamment la réfection de certaines structures en béton et la remise à niveau des installations électriques.


« Nous pouvons rassurer tout le monde que le matériau que nous sommes en train d'utiliser est de bonne qualité. Il y a encore un bureau d'études qui vient aussi de faire l'expertise derrière notre travail et un bureau de contrôle »


a-t-il assuré.


Le partenariat avec le Port autonome de Pointe-Noire relancé


En marge de cette visite, les échanges ont également porté sur le partenariat engagé entre l’Université Marien-Ngouabi et le Port autonome de Pointe-Noire dans le cadre de la responsabilité sociétale de cette entreprise publique.


« Il y a environ une année et demie, nous avons mis en contact l'Université Marien-Ngouabi avec le Port autonome de Pointe-Noire, dans le cadre de sa responsabilité sociétale. Nous avons souhaité que le Port autonome de Pointe-Noire puisse contribuer tant soit peu à ce que l'Université Marien-Ngouabi retrouve ses lettres de noblesse. Nous voulons donc avoir de vous les informations sur l'évolution de ces partenariats que nous avons mis en place depuis un certain temps »


a expliqué Marien Mobondzo Endzonga.


Au-delà des travaux de réhabilitation en cours, cette visite parlementaire met surtout en lumière l’urgence d’un soutien financier durable à l’Université Marien-Ngouabi. Sans une mobilisation rapide des pouvoirs publics, les responsables de l’institution redoutent que les difficultés de trésorerie ne compromettent le bon déroulement de l’année académique 2025-2026 et, plus largement, les ambitions de redressement de la plus ancienne université du Congo.

Par Pamphil

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