83% POUR LE RENVOI D'ÉTRANGERS
« immigration négative »
Cette notion consiste à renvoyer certaines catégories d’étrangers déjà présents sur le territoire français, notamment les délinquants, criminels et chômeurs de longue durée.
Un soutien qui transcende les générations et catégories sociales
Le résultat de cette enquête montre que l’adhésion à cette mesure dépasse largement les clivages traditionnels. En effet, les plus jeunes, souvent perçus comme plus libéraux sur la question migratoire, sont en réalité les plus favorables : 90 % des 18-24 ans soutiennent ce principe, contre 85 % des moins de 35 ans. Cette position se confirme également parmi les seniors, avec 87 % de personnes âgées de 65 ans et plus partageant cet avis.
Les écarts entre catégories socioprofessionnelles sont également réduits. Les cadres et professions intellectuelles supérieures (CSP+) approuvent à 78 % cette politique, tandis que les catégories populaires (CSP-) et les personnes inactives manifestent un soutien plus fort, respectivement à 84 % et 87 %. Ce consensus témoigne d’une inquiétude partagée à travers la société sur les impacts de certaines populations étrangères sur le tissu social et économique.
Un clivage politique marqué, mais un large accord même à gauche
Sans surprise, ce sont les électeurs de droite qui affichent le soutien le plus affirmé. Parmi les sympathisants du parti Les Républicains, 96 % approuvent le renvoi des étrangers concernés, et cette proportion atteint 93 % chez les électeurs du Rassemblement national. Plus globalement, 95 % des personnes se déclarant de droite soutiennent cette politique.
Toutefois, la majorité présidentielle n’est pas en reste, avec 81 % des proches d’Ensemble! qui se déclarent favorables à cette orientation. Du côté de la gauche, les avis sont plus nuancés mais la mesure recueille encore une majorité de voix : 75 % des sympathisants socialistes, 68 % des écologistes et 66 % des électeurs de La France insoumise y adhèrent.
Un renforcement des contrôles migratoires
Cette enquête intervient quelques jours après l’adoption du Pacte européen sur l’asile et la migration, qui marque une nouvelle étape dans la politique migratoire de l’Union européenne. Ce texte prévoit notamment un renforcement des contrôles aux frontières extérieures, un filtrage systématique des arrivants, un traitement accéléré des demandes d’asile et des procédures de retour plus rapides pour les personnes déboutées.
Présenté par Bruxelles comme un dispositif "ferme mais juste", ce pacte illustre la volonté des États membres d’adopter une approche plus stricte face aux flux migratoires. Dans ce contexte, le concept d’« immigration négative » a été popularisé par le chef du parti Reconquête, Éric Zemmour, qui le rapproche de la notion controversée de « remigration ».
Un débat au cœur des préoccupations françaises
Ce sondage met en lumière une réalité politique et sociale forte. La question de l’immigration reste au centre des préoccupations des Français, toutes générations et sensibilités confondues. La large adhésion à l’idée de renvoyer certains étrangers en situation problématique montre une volonté populaire de durcir les règles et de mieux contrôler les flux migratoires, dans un contexte de débat européen et national complexe.