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GABON : LA CROISSANCE QUI NE RÉDUIT PAS LA PAUVRETÉ

GABON : LA CROISSANCE QUI NE RÉDUIT PAS LA PAUVRETÉ
Gabon : croissance économique forte, mais la pauvreté persiste durablement.

Une croissance qui brille mais pas pour tous. Au Gabon, les chiffres de la croissance économique ont parfois des allures de vitrine bien polie. On parle de revenus, d’investissements, de projets structurants. Mais dans les quartiers populaires de Libreville comme à l’intérieur du pays, c’est une autre paire de manches. C’est la soupe à la grimace. C’est une réalité plus silencieuse, plus dure. Celle d’une pauvreté qui résiste, qui s’installe, et qui semble ignorer les courbes ascendantes du PIB.


Ici, la croissance monte, mais la vie quotidienne, elle, reste clouée au sol.


Le paradoxe gabonais : richesse nationale, pauvreté sociale


Comment expliquer qu’un pays riche en ressources naturelles continue de produire autant d’inégalités ? Le Gabon affiche un développement humain moyen, mais derrière cette moyenne se cachent des écarts béants.


D’un côté, une minorité capte l’essentiel des retombées économiques. De l’autre, une majorité survit au jour le jour et qui tente de desserrer l’étau avec parfois des activités informelles devenues, pour beaucoup, une nécessité. Le marché informel n’est plus un choix, c’est un refuge.


Et pendant ce temps, les promesses de transformation de l’emploi restent souvent à l’état de discours.


Gouvernance et institutions : le maillon faible


Le problème n’est pas seulement économique, il est profondément institutionnel. La mauvaise gestion des ressources publiques, les lenteurs administratives et parfois l’opacité dans la redistribution des richesses affaiblissent l’impact réel de la croissance.


Les politiques publiques peinent à transformer la richesse nationale en bien-être collectif. Et c’est là que le paradoxe devient cruel. Plus le pays grandit sur le papier, plus certains citoyens ont l’impression de rétrécir dans la réalité.


L’économie informelle : le système D devenu système national


Dans les rues, les marchés, les carrefours, l’économie informelle s’impose comme la véritable colonne vertébrale du quotidien. Elle nourrit, elle emploie, elle sauve.


Mais elle révèle aussi un échec. Celui d’un système formel incapable d’absorber sa population active. Une jeunesse diplômée s’y retrouve parfois coincée, entre débrouillardise et désillusion totale.


Une richesse qui ne ruisselle pas


Au final, la question reste brutale. A quoi sert la croissance si elle ne change pas les vies ?


Les chiffres rassurent les rapports, mais ils n’essuient pas les larmes des ménages confrontés à la hausse des prix, au chômage, et à l’incertitude.


Le Gabon n’est pas pauvre. Mais une partie de son peuple, elle, continue de l’être et avec plus d’impact dans certaines couches de la société.  


Ce réalité dénonce le paradoxe d'une économie rentière extravertie. La croissance ne crée pas de richesses redistribuées, mais enrichit les élites politiques/administratives, les multinationales (notamment minières et pétrolières), et les institutions financières internationales (via le remboursement de la dette), tout en maintenant près d'un million de Gabonais sous le seuil de pauvreté. 

Dans le cas du Gabon, cette richesse capte les revenus avant même qu'ils ne puissent irriguer l'économie réelle locale.



  • Les multinationales et conglomérats : L'économie du pays repose massivement sur l'extraction des matières premières (pétrole, manganèse, bois). Les profits générés profitent d'abord aux grandes entreprises étrangères ou aux groupes privés. 

  • L'État et l'appareil administratif : Une partie importante du budget est absorbée par le train de vie de l'État et le fonctionnement de ses institutions, limitant les fonds disponibles pour les investissements sociaux directs ou les collectivités locales.  

  • Les créanciers et institutions financières : Avec des taux d'endettement élevés, le remboursement de la dette intérieure et extérieure capte une part substantielle du Produit Intérieur Brut (PIB) au profit des bailleurs de fonds et des marchés.  



 

Par Pamphil

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