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TOUT EST-IL PERDU ?

TOUT EST-IL PERDU ?
Mathieu Mboumba Nziengui, ancien ministre d’État et figure marquante de la scène politique gabonaise, s’est éteint lundi 4 juin 2025 à Bikélé

Mathieu Mboumba Nziengui, ancien ministre d’État et figure représentative de la scène politique gabonaise, s’est éteint lundi 4 juin 2025 à Bikélé, dans le 3e arrondissement de la commune de Ntoum. Avec sa disparition, c’est un pan entier de l’histoire récente de l’Union du Peuple Gabonais (UPG) qui se referme. Mais surtout, il laisse derrière lui un parti emblématique en grande difficulté, réduit à sa simple expression, et profondément marqué par les nombreuses fractures internes nées après la mort de son leader charismatique Pierre Mamboundou en 2011.


Cet enseignant de formation, propulsé à la tête de l’UPG dans la foulée de la disparition de son fondateur, aura tenté tant bien que mal de maintenir le cap. Mais très vite, son leadership a été remis en question. Le parti s’est alors enfoncé dans un combat fratricide, chaque baron se réclamant comme le digne successeur du défunt Mamboundou. Une guerre d’héritiers qui a affaibli les fondations de ce parti autrefois influent, au point de le faire passer du statut de force d’opposition respectée à celui de formation larguée à la traîne, presque oubliée.


La liste des départs au sein de l’UPG au fil des années a de quoi donner le vertige : David Mbadinga, Richard Moulomba, Jean de Dieu Moukagni Iwangou, Bruno Ben Moubamba, Bonaventure Nzigou Manfoumbi… autant de vieux briscards qui ont fini par jeter l’éponge, épuisés par les luttes intestines. Résultat : l’UPG, qui comptait plusieurs bastions à travers le pays, n’a cessé d’essuyer revers sur revers aux élections, jusqu’à perdre toute représentation parlementaire. Le parti n’est plus que l’ombre de lui-même, en perte de vitesse constante.


Pour tenter d’inverser la tendance, Mathieu Mboumba Nziengui avait décidé, en 2015, de franchir un pas qui allait surprendre plus d’un : il entra au gouvernement en tant que ministre d’État chargé du Programme Graine. Un choix qu’il justifiait par la nécessité d’adopter une ligne de pragmatisme et de réalisme politique. Ce fut un véritable pavé dans la mare pour les militants les plus fidèles à la ligne dure du parti.


À sa sortie du gouvernement, il s’était éloigné des projecteurs sans jamais rompre avec la politique, cette passion qui ne l’aura jamais quitté. Malgré tout, l’image de l’UPG ne s’en est pas remise, et l’homme politique, autrefois très respecté, finira par faire pâle figure au sein de l’échiquier national.


Aujourd’hui, alors que certains cadres tentent une réconciliation de façade, une question demeure : l’UPG peut-elle renaître de ses cendres ? Tout n’est pas perdu, affirment les plus optimistes. Mais la tâche ne sera pas une sinécure. Car redonner du souffle à un parti aussi fragilisé demandera beaucoup. Un simple changement de tête ne suffira pas. Il faudra réconcilier les égos, refonder une vision, et surtout, regagner la confiance d’un électorat qui a depuis longtemps tourné la page.

Par Pamphile EBO

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