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GESTION DES FÉDÉRATIONS, OÙ PASSENT LES BUDGETS DU SPORT ?

GESTION DES FÉDÉRATIONS, OÙ PASSENT LES BUDGETS DU SPORT ?
Sport gabonais : gestion opaque, budgets détournés et infrastructures défaillantes

Le sport gabonais, jadis vecteur de fierté nationale et creuset de talents reconnus sur le continent, traverse aujourd’hui une zone de turbulences dont les causes sont aussi multiples que profondes. Au cœur des préoccupations, la gestion opaque des budgets alloués aux fédérations sportives, le manque d’agréments techniques pour une majorité d’entre elles, et des infrastructures promises qui peinent à voir le jour. Où passent réellement les financements destinés au sport ? Pourquoi les résultats stagnent-ils malgré les investissements annoncés ? Et surtout, à qui profite ce système qui semble tourner à vide ?


Des fédérations nombreuses, mais fragilisées


Le Gabon compte en 2026 pas moins de 22 fédérations sportives nationales. Un chiffre qui pourrait témoigner d’un dynamisme certain, mais qui cache en réalité une fragilité structurelle préoccupante. Selon plusieurs enquêtes, une grande partie de ces fédérations opère sans agrément technique officiel délivré par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Une situation qui pose une question fondamentale. Comment garantir une gestion rigoureuse sans cadre légal clair ?


Parmi ces fédérations, la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT), reste la mieux structurée. Le taekwondo, la boxe, le handball ou encore le basketball tentent également de maintenir un certain niveau d’organisation. Mais qu’en est-il des autres ? Les fédérations de volley-ball, de natation, de judo, ou encore le karaté, pourtant riches en talents, peinent à s’imposer sur la scène continentale. Est-ce faute de moyens ou de gouvernance ?


Budgets alloués : opacité et soupçons


Chaque année, l’État gabonais alloue des budgets conséquents au développement du sport. Mais selon des analyses publiées, la traçabilité de ces fonds reste très floue. Les bilans financiers sont souvent manipulés et parfois il arrive que les chiffres totaux ne coïncident pas. Les subventions sont-elles réellement utilisées pour la formation des athlètes, l’organisation des compétitions ou l’entretien des infrastructures ?


Des responsables de clubs, interrogés sous anonymat, évoquent des cachets dérisoires et ponctuels payés de la main à la main, des équipements inexistants, et des compétitions annulées faute de financement. Comment expliquer que des fédérations reçoivent des fonds sans rendre de comptes publics ? Pourquoi les audits annoncés ne sont-ils jamais publiés ?


Le ministère de la Jeunesse et des Sports, souvent interpellé, promet régulièrement des réformes. Mais sur le terrain, les acteurs du sport constatent peu de changements. Faut-il y voir un manque de volonté politique ou une incapacité à réformer un système verrouillé ?


Le constat est amer. Comment former des champions dans de telles conditions ? Peut-on espérer rivaliser avec les grandes nations sportives africaines sans les méthodes adéquates ?


À Libreville comme à l’intérieur du pays, les jeunes talents s’entraînent souvent dans des conditions précaires. Certains clubs doivent louer des espaces privés, faute de terrains publics disponibles. Une situation qui freine l’émergence de nouvelles générations d’athlètes.


Clubs sportifs : les oubliés du système


Si les fédérations concentrent l’attention, les clubs sportifs, eux, sont les véritables piliers du sport gabonais. Ce sont eux qui détectent, forment et accompagnent les athlètes. Pourtant, ils sont souvent les grands oubliés des politiques publiques.


Tous les clubs fonctionnent grâce à des financements personnels ou à des partenariats locaux. Les subventions étatiques, lorsqu’elles existent, sont irrégulières et insuffisantes. Comment ces structures peuvent-elles survivre dans un tel contexte ? Pourquoi ne bénéficient-elles pas d’un accompagnement structuré ?


Certains dirigeants de clubs dénoncent un système clientéliste, où les aides seraient attribuées selon des critères opaques. Une accusation grave, qui mérite d’être examinée avec rigueur.


Une réforme urgente et nécessaire


Face à ce tableau préoccupant, une réforme en profondeur du système sportif gabonais s’impose. Le ministère de la Jeunesse et des Sports a récemment évoqué la mise en place d’un cadre réglementaire plus strict, incluant l’obligation pour les fédérations d’obtenir un agrément technique et de publier leurs comptes.


Mais ces mesures seront-elles suffisantes ? Ne faut-il pas aller plus loin, en instaurant une véritable culture de la transparence et de la performance ? Pourquoi ne pas s’inspirer des modèles réussis dans d’autres pays africains ?


Le sport gabonais regorge de talents. Des athlètes brillent à l’étranger, preuve que le potentiel est bien réel. Mais sans une gouvernance saine, des infrastructures adaptées et un soutien cohérent, ce potentiel risque de rester inexploité.


Un sursaut attendu


Le sport est un vecteur de cohésion sociale, un levier de développement économique, et un symbole de fierté nationale. Le Gabon ne peut se permettre de négliger un tel atout.


Alors, où passent les budgets du sport ? Qui est responsable de cette situation ? Et surtout, quand verrons-nous enfin un changement concret ? Les réponses à ces questions détermineront l’avenir du sport gabonais.


Il est temps de passer des discours aux actes. Le peuple gabonais, passionné de sport, mérite mieux que des promesses non tenues.




Par Pamphil

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