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AU GABON, LE NOUVEAU CODE DE LA NATIONALITÉ FAIT GRINCER DES DENTS

AU GABON, LE NOUVEAU CODE DE LA NATIONALITÉ FAIT GRINCER DES DENTS
Réforme du code de la nationalité au Gabon suscite polémique nationale

Au Gabon, la révision du code de la nationalité, intervenue par ordonnance présidentielle en l’absence du Parlement, suscite une vive controverse et ravive de profondes inquiétudes au sein de l’opinion. Vingt-cinq ans après l’adoption de l’ancien texte, cette réforme, présentée comme une modernisation nécessaire, divise pourtant la société et alimente un débat passionné.


Au cœur des critiques, plusieurs dispositions jugées sensibles, pour la cohésion nationale


Au cœur des critiques, plusieurs dispositions jugées sensibles, voire dangereuses pour la cohésion nationale. L’article 64, notamment, cristallise les tensions. Il prévoit la déchéance de nationalité pour tout citoyen reconnu coupable d’actions dites subversives contre l’État, les institutions ou les intérêts supérieurs du pays, s’il ne se conforme pas aux injonctions des autorités dans un délai de trois mois. Pour nombre d’observateurs, cette mesure ouvre la voie à des interprétations extensives, susceptibles de restreindre les libertés fondamentales.


Autre point d’achoppement. La classification des citoyens. Le nouveau texte distingue désormais les Gabonais d’origine, d’adoption et d’affiliation. Une catégorisation que plusieurs voix dénoncent comme une fracture juridique et symbolique, remettant en cause le principe d’égalité entre citoyens. Dans un pays attaché à son unité, cette distinction est perçue comme un facteur potentiel de division.


Les restrictions liées à l’accès à certaines fonctions publiques alimentent également la polémique


Les restrictions liées à l’accès à certaines fonctions publiques alimentent également la polémique. Les Gabonais naturalisés ou ayant acquis la nationalité gabonaise se voient interdire l’accès à des postes stratégiques, tels que magistrat, ministre ou collaborateur du chef de l’État. Une disposition que les critiques considèrent discriminatoire et contraire à l’esprit républicain.


Face à la contestation, un député proche de la majorité présidentielle appelle à la retenue


Face à la contestation, un député proche de la majorité présidentielle appelle à la retenue, rappelant que l’ordonnance reste provisoire. Selon lui, le texte sera soumis au Parlement dès la reprise de la session, avec possibilité d’amendements ou même de rejet. Toutefois, cet argument peine à convaincre les opposants, qui soulignent la domination écrasante du parti présidentiel dans les deux chambres. « Dès la reprise de la session parlementaire, le gouvernement transmet cette ordonnance au Parlement. Le Parlement va l'examiner et éventuellement l'amender avant de la ratifier. Il peut aussi choisir de ne pas la ratifier. On peut préciser que l'ordonnance est un acte de portée générale d'application directe. Cette norme est donc valable dès sa publication, jusqu'à ce que le Parlement décide de son sort en la ratifiant, avec ou sans modification, ou en la rejetant », a indiqué ce député. 


Dans les rues comme sur les réseaux sociaux, le débat fait rage, souvent dans une prudence mêlée de crainte. Plus qu’une simple réforme juridique, ce nouveau code apparaît, pour beaucoup, comme un test décisif pour l’État de droit et l’avenir du pacte national gabonais.






 




Par Pamphil

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