AFRIQUE DU SUD : 476 MORTS EN CINQ ANS LORS DES RITES DE CIRCONCISION
En Afrique du Sud, les rites traditionnels de circoncision continuent de faire des victimes. Au moins 476 jeunes hommes ont perdu la vie en cinq ans lors de ces cérémonies d’initiation, selon des chiffres officiels, relançant les inquiétudes sur la sécurité de ces pratiques ancestrales.
Dernier drame en date , celui de Lamkelo Mtyho, 22 ans, décédé après avoir participé à un rituel pourtant encadré dans une école agréée. Comme lui, au moins 48 garçons et jeunes hommes ont trouvé la mort lors de la dernière saison d’initiation.
Ces rites, profondément ancrés dans la culture sud-africaine, marquent le passage à l’âge adulte. Les initiés, souvent isolés dans des zones rurales, subissent des épreuves physiques et symboliques censées forger leur identité et leur place dans la société.
Mais derrière cette tradition, les risques sont bien réels. Les principales causes de décès sont liées à la déshydratation, aux infections dues à des instruments non stérilisés, ou encore au manque de soins médicaux. Dans certains cas, les initiés sont même encouragés à ne pas boire d’eau, aggravant leur état.
La situation est également compliquée par la prolifération d’écoles d’initiation illégales. Moins coûteuses, elles attirent de nombreux jeunes, mais échappent souvent à tout contrôle. Certaines sont liées à des dérives graves , violences, consommation de drogues ou encore absence totale d’encadrement sanitaire.
Malgré l’existence d’une législation imposant des normes strictes depuis 2021, les autorités peinent à surveiller efficacement ces structures, notamment en raison du caractère secret et sacré de ces rites.
Pour de nombreuses familles, ces cérémonies restent incontournables. Elles symbolisent l’honneur, la maturité et l’intégration sociale. Mais face à l’augmentation des décès, la question se pose avec insistance , comment préserver cette tradition tout en protégeant la vie des jeunes initiés ?
Entre respect des coutumes et impératif de santé publique, l’Afrique du Sud est aujourd’hui confrontée à un défi majeur, celui de réformer sans renier une pratique profondément enracinée dans son identité culturelle.