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LE GABON, TOUJOURS TERRE D'ACCUEIL ?

LE GABON, TOUJOURS TERRE D'ACCUEIL ?
Sylvia Bongo Ondimba, Gabon, racisme, immigration, Première Dame, controverse et réactions publiques

La récente interview de l’ancienne Première Dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba, diffusée sur France 24, a relancé un débat passionné sur la perception du racisme dans le pays et la place des étrangers au sein de la société gabonaise. Ses déclarations, qualifiant d’« inquiétant » le climat qu’elle perçoit, ont immédiatement suscité des réactions vives au sein de l’opinion et des personnalités locales.


Lors de cette interview, Sylvia Bongo Ondimba a répondu à une série de questions portant sur le racisme potentiel au Gabon, affirmant que celui-ci existait dans certaines sphères. Ces propos ont été accueillis avec surprise et scepticisme par de nombreux observateurs, compte tenu de son parcours et de sa position pendant plus de quatorze ans comme Première Dame.


Le Gabon a toujours été une terre d’accueil


Pour un intervenant, cette accusation est difficilement compréhensible. « Les chiffres les plus récents classent le Gabon parmi les premiers pays en matière de proportion d'immigration en Afrique. Nous sommes quand même deux millions d’habitants et un tiers ou un quart de la population est étrangère. Ces chiffres sont suffisamment flagrants quant à la posture du Gabon avec l’immigration » Selon lui, le Gabon a toujours été une terre d’accueil. « Avant même sa création en tant qu'État, le Gabon était déjà un pays pénétré par des communautés venues d’ailleurs. Et dans plusieurs de ses localités, ces communautés vivent en symbiose quasi parfaite avec le peuple gabonais »


Un analyste souligne que cette image d’ouverture n’est pas seulement historique, mais aussi contemporaine. Il rappelle le scrutin présidentiel de 2016 comme exemple de maturité politique. « Lorsqu’on écoute Jamping, on voit tout de suite que les Gabonais à aucun moment se sont arrêtés pour se poser la question ‘Comment voulons-nous mettre à la tête de notre pays un monsieur qui s’appelle Ping ?’ Tout ceci démontre la maturité du peuple gabonais sur son rapport qu’il a avec l’autre »


Elle n’a jamais parlé une langue du Gabon, même pour plaisanter


Pour un intervenant, le problème résiderait plutôt dans la perception et l’adaptation de Sylvia Bongo Ondimba elle-même au Gabon. « Sylvia Bongo-Valentin est la fille de M. Valentin, qui a investi sur le territoire national. Elle a évolué entre la France, le Maroc et le Gabon, où, à aucun moment, elle a subi quelconque discrimination. Elle n’a jamais parlé une langue du Gabon, même pour plaisanter. C’est un refus d’intégration »


Il ajoute. « La personne qui est raciste, c’est Mme Sylvia Bongo elle-même. Même dans le choix de ses collaborateurs, elle a eu tendance à faire confiance à des personnes issues du métissage, donc une discrimination quasiment anti-noire » Selon lui, ses accusations de racisme viennent après une période où elle n’a pas respecté les institutions gabonaises. « Pendant son procès, elle ne s’est pas présentée. C’est une malhonnêteté intellectuelle. Même si elle pensait que sa vie était en danger, respecter un État, c’est respecter ses institutions »


Un intervenant rappelle également le contexte institutionnel et financier. « Plus de 66 comptes, garnis chacun d’un minimum de 1 milliard de francs CFA, pour des montants avoisinant 230 à 266 milliards de francs CFA. Elle dit qu’elle n’a jamais fait de politique, mais elle a eu des participations actives pendant les campagnes électorales et a parfois assumé des fonctions présidentielles »


Le parcours scolaire de Bongo Ondimba 


Ces propos ont été appuyés par un analyste, qui souligne la reconnaissance de la communauté gabonaise à l’égard des étrangers. « L’amour ne vient jamais de loin. Sylvia Bongo Valentin a tout reçu du Gabon. Elle doit tout au peuple gabonais. Venir dire que ce peuple à qui il lui a tout donné est raciste, c’est très méchant » Selon lui, l’éducation et le parcours scolaire de Bongo Ondimba ne corroborent pas ses accusations. « Une personne qui a été à l’Immaculée Conception, je ne sais pas à quel moment est-ce qu’on parle de racisme. Venir dire aujourd’hui que le Gabon est raciste, c’est mesquin »


L’analyse d’un intervenant ajoute une dimension culturelle à la controverse. « J’ai qualifié cette sortie de cynisme mémoriel. Elle a fait preuve de mépris de dédain face à la grande culture socio-culturelle du Gabon. Les Gabonaises et les Gabonais sont réputés pour leur hospitalité légendaire. Mme Sylvia Bongo-Ondimba, accueillie par son beau-père Féomar Bongo, un homme de culture, devrait avoir conscience de l’offense qu’elle fait à la République gabonaise »


Pour un analyste, l’interview représente non seulement un malentendu historique, mais également un manquement à la mémoire et à la reconnaissance. « Le discours de Mme Bongo-Ondimba est constitutif d’un tissu de mensonge entre victimisation et inégation de la culture gabonaise. Elle insulte la mémoire du peuple gabonais »


Créer des opportunités pour les immigrés


Les intervenants pointent unanimement l’écart entre les expériences vécues par Sylvia Bongo Ondimba et la réalité sociale du Gabon. Selon eux, la République gabonaise a toujours su intégrer des communautés étrangères, créer des opportunités pour les immigrés et maintenir une coexistence pacifique. « Il y a beaucoup de métissages et des personnes qui vivent ici paisiblement, participant même au tissu économique du pays », note un analyste.


Par ailleurs, l’absence de langage vernaculaire ou d’intégration culturelle de Sylvia Bongo Ondimba est perçue comme une distance volontaire vis-à-vis de la société gabonaise. « Même pour ceux qui ont eu le plaisir de l’approcher, c’est une femme européenne à souhait. Les menus proposés au palais ne reflétaient pas la culture locale. Elle exprimait intérieurement un certain rejet de la culture gabonaise », explique un intervenant.


Au-delà de ces considérations culturelles, l’ancienne Première Dame est accusée d’avoir instrumentalisé la justice et les institutions pour régler des comptes personnels. « Elle a fait emprisonner des gens sur ce territoire. Elle a instrumentalisé la justice à certains moments », rappelle un analyste.


Sur le plan politique, les intervenants estiment que ses accusations constituent un non-événement et ne représentent aucun danger pour la gouvernance actuelle. « Le président a déjà entamé une feuille de route claire avec des priorités définies. Il n’a pas besoin de cette petite perturbation », souligne un intervenant.


Le débat soulève également la question de la mémoire collective et de la reconnaissance historique. Pour un analyste. « Elle insulte la mémoire du peuple gabonais qui l’a accueillie. Il n’y a pas eu plus raciste que madame Sylvia Bongo Ondimba » Ces déclarations illustrent la divergence entre la perception personnelle de Sylvia Bongo-Ondimba et l’expérience vécue par la société gabonaise.


Sylvia Bongo Ondimba a bénéficié d’un environnement favorable au Gabon


Les analyses convergent vers l’idée que, malgré ses origines métropolitaines et son parcours international, Sylvia Bongo Ondimba a bénéficié d’un environnement extrêmement favorable au Gabon, qui contraste fortement avec ses accusations.


L'opinion publique gabonaise semble majoritairement sceptique à l’égard de ses propos. Les réseaux sociaux et les commentaires des citoyens mettent en évidence un rejet massif de cette déclaration, renforçant l’idée que ces accusations sont perçues comme infondées et provocatrices.


Les analyses des personnalités locales montrent que les accusations de l’ancienne Première Dame sont largement contredites par les faits historiques, culturels et sociaux. Le Gabon reste un pays d’accueil, profondément attaché à l’hospitalité et à l’intégration des communautés étrangères. Comme le résume un intervenant. « Les textes de la République gabonaise reconnaissent la coexistence des communautés étrangères. Les pères fondateurs se retourneraient dans leur tombe si l’on pensait que ce pays est raciste »


 

Par Pamphil

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