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LA NON-CONFORMITÉ EST-ELLE DEVENUE LA RÈGLE ?

LA NON-CONFORMITÉ EST-ELLE DEVENUE LA RÈGLE ?
Fédérations sportives Gabon : conformité légale, audits, tolérance zéro immédiate

La question de la non-conformité des fédérations sportives au Gabon est devenue un enjeu majeur, suscitant débats et tensions. Depuis le début de l’année 2026, le secteur sportif traverse une zone de forte turbulence, marquée par une volonté de restructuration profonde insufflée par les autorités.


Audits et révélations : le sport gabonais mis à nu


Sous l’impulsion du nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports, Paul-Ulrich Kessany, un audit stratégique de toutes les fédérations nationales a été lancé le 21 janvier 2026. Objectif : établir un diagnostic précis de la situation administrative et technique de chaque association sportive.


Les premiers constats sont sans appel. Absence de siège fonctionnel, bureaux en état de délabrement avancé, bilans d’activités inexistants… La majorité des fédérations, tennis, golf, athlétisme, apparaissent comme des structures SDF, exerçant sans véritable cadre légal ni rigueur administrative. Certains observateurs n’hésitent pas à parler d’éducateurs irresponsables et de fédérations en délicatesse avec la loi.


Fédérations “hors la loi” : le débat de légitimité


Consultant sportif, Gaetan Kouka, ne mâche pas ses mots :


“Alors, ce que je pense d'une fédération sans papier, je pense que le débat est simple. Une fédération sans papier pose une question de légalité et ensuite de légitimité. L'égalité parce que comme vous le savez bien, c'est une association qui est régie par l'association gabonaise, notamment la loi 35/62, un peu plus loin la barre, la loi 0/33/2020 du 22 mars 2021 relative aux associations qui recommandent justement aux associations d'être conformes à l'association gabonaise, notamment par l'acquisition d'un récépissé et d'un agrément technique”


Une phrase qui enfonce le clou sur la sellette des dirigeants sportifs : être hors la loi, c’est risquer de perdre toute crédibilité et tout soutien étatique.


Interpeller les autorités compétentes


Dans le même registre, le candidat déclaré à la présidence de la Fédération gabonaise de football, a décidé de ramer à contre-courant des pratiques habituelles. Gaetan Kouka explique :


“Les démarches entreprises par le candidat déclaré Dano et Sian donc consistent justement à interpeller messieurs les milices quant à la légalité des associations, notamment les associations conformes à la loi vu qu'elles jouissent justement de la délégation de pouvoir et donc cette délégation de pouvoir est si conscrite par un environnement juridique, notamment l'acquisition du récépissé et de l'agrément technique qui confère justement toute la légalité à cette relation de pouvoir agir au nom de la puissance, lui pour ne pas dire au nom de la délégation donc en termes de délégation. Deux courriers ont été introduits au niveau de l'Assemblée Nationale et du Sénat justement pour interpeller messieurs les milices quant à la conformité de ces associations parce que sans cette conformité les associations”


Une initiative qui met en lumière la foule aux pieds de certaines pratiques amateuristes et souligne combien certaines fédérations naviguent en eaux troubles.


Tolérance zéro : l’Etat ne badine plus


Le message du ministère est désormais clair : la conformité n’est plus une option, mais une condition sine qua non pour bénéficier de l’accompagnement de l’État. Toute fédération non conforme se retrouve automatiquement en porte à faux et peut s’attendre à des sanctions financières et administratives.


Cette politique de tolérance zéro révèle aussi la fracture entre fédérations structurées et celles qui persistent dans des pratiques approximatives. Elle met en délicatesse avec la loi ceux qui espéraient pouvoir continuer à agir hors du cadre légal, et oblige le secteur sportif à se moderniser rapidement sous peine d’être marginalisé.


Une nouveauté pour le sport gabonais


La réforme imposée par le ministère des Sports ne se limite pas à des audits ou à des avertissements. Elle représente une vraie prise de conscience : sans rigueur administrative, sans conformité aux textes, le sport national ne peut aspirer à un rayonnement durable. Les fédérations sont désormais sur la sellette, et chaque acteur se voit forcé de repenser sa gouvernance et ses pratiques.


Le Gabon pourrait ainsi entrer dans une nouvelle ère sportive, où la légalité et la légitimité ne sont plus des options, mais des impératifs. Le message est soit on se conforme, soit on disparaît.


 


 

Par Pamphil

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