C’EST TOUT OU RIEN !
L’atmosphère est électrique. À quelques heures de l’Assemblée Générale (AG) de SOS Éducation, la base du collectif d’enseignants affiche une détermination rarement observée. Les réactions se multiplient et convergent toutes vers un mot d’ordre sans équivoque : « C’est tout ou rien ! ». Prévue au terrain de basket d’Awendjé ce 17 janvier 2026, cette AG est perçue comme un moment de vérité, où l’engagement de chacun sera mis à l’épreuve.
Le refus catégorique de fléchir.
Au cœur des échanges, une crainte domine : celle de céder sans obtenir de gains concrets. Pour les membres du collectif, reculer aujourd’hui serait synonyme d’humiliation publique.
« Pour les membres de SOS Éducation, il est hors de question de fléchir sans que nous ayons été satisfaits. Céder sans rien obtenir de concret ferait de nous la risée du pays. »
Cette posture est renforcée par la conscience d’un contexte exceptionnel.
« C’est la première fois depuis des années que les parents d’élèves et les élèves soutiennent les revendications des enseignants. C’est aussi la première fois que pratiquement tous les enseignants se lèvent comme un seul homme pour dire : c’est tout ou rien ! »
Un membre du collectif insiste sur les conséquences irréversibles d’un éventuel recul :
« Nous n’avons pas le droit de fléchir sans avoir été satisfaits. Si nous cédons sans rien obtenir de concret cette fois, personne ne nous prendra plus jamais au sérieux, pas même nous-mêmes. »
La dignité et la parole donnée au cœur du combat.
Au-delà des revendications matérielles, les enseignants mettent en avant une exigence de dignité et de respect pour leur profession. L’enseignant, rappellent-ils, est un homme de parole, et son engagement doit être honoré.
« Un enseignant est un homme de parole. Nous devons montrer que nous ne sommes pas des clochards. Nous avons choisi ce noble métier pour servir notre pays. Tout travail mérite un salaire à la hauteur de ce que nous donnons, avec tous les avantages prévus par les textes. »
L’attente est claire : des solutions immédiates et durables, loin des promesses repoussées indéfiniment.
« Pas des solutions qui attendent des décennies et que l’on finit par jeter dans la poubelle de l’oubli. »
Le lieu de l’AG, secondaire face à l’engagement.
Si le choix du lieu a suscité quelques réactions, beaucoup appellent à relativiser. Faute d’avoir obtenu un site plus traditionnel, le terrain de basket d’Awendjé est accepté comme un espace symbolique de mobilisation.
« L’heure n’est pas à polémiquer sur le lieu. Ce qui importe, ce n’est pas l’endroit, mais le message, l’engagement et la détermination. Awendjé est aussi un lieu de révolution. »
Certains appellent même à donner une dimension spirituelle à la rencontre, estimant que le combat dépasse le cadre strictement physique.
Un point de non-retour.
Pour les enseignants de SOS Éducation, cette Assemblée Générale marque un point de non-retour. Soutenus par les parents et les élèves, ils se disent prêts à aller jusqu’au bout pour préserver leur crédibilité et l’avenir de leur mouvement. Tous les regards sont désormais tournés vers Awendjé, où une page décisive de l’histoire du combat enseignant est sur le point de s’écrire.