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VERS LES CLINIQUES PRIVÉES

VERS LES CLINIQUES PRIVÉES
Hôpitaux publics gabonais : patients abandonnés, médecins absents ou épuisés, urgence négligée. Double emploi public/privé, impunité, retard des soins. Éthique bafouée, confiance perdue, réforme urgente nécessaire pour sauver les malades.

Des patients laissés à eux-mêmes


Dans les hôpitaux publics gabonais, nombreux sont les patients qui voient leur état s’aggraver avant même de pouvoir être pris en charge. La raison ? Une insensibilité inquiétante de certains médecins envers ceux qui fréquentent les structures sanitaires publiques. Le médecin censé assurer la garde aux urgences dort chez lui tranquillement au lieu d’être présent à l’hôpital. En cas d’urgence, il reçoit un simple coup de fil de ses collaborateurs, souvent des internes encore en formation, qui se trouvent sur place.
Ces jeunes médecins présentent le niveau de gravité de la situation, et à lui de juger si cela mérite son déplacement. Parfois, il se contente de donner des instructions au téléphone. Le patient qui espérait une prise en charge immédiate peut ainsi voir son état se détériorer. Ce scénario glace le sang et fait réfléchir sur l’impunité dont jouissent ces professionnels de santé. Dans ce contexte, le service d’urgence devient un véritable autel de la souffrance, où la pitié pour les malades semble absente.


Le double emploi : quand l’argent est roi


Une autre situation problématique touche les consultations. Les patients arrivent à 7 heures du matin et patientent jusqu’à 14 heures pour être reçus. La raison est simple : le médecin n’est pas encore là. En effet, beaucoup de praticiens gabonais jonglent entre hôpital public et hôpital privé, le choix est vite fait : l’amour de l’argent prime souvent sur le serment d’Hippocrate.
Dans les cliniques privées, ils sont grassement payés et peuvent vivre confortablement. À bout de force, ces mêmes médecins arrivent à l’hôpital public après plusieurs heures de consultations privées, totalement épuisés. À ce moment-là, ils sont sur le fil du rasoir, et il n’y a plus assez d’énergie pour s’occuper correctement des malades qui les attendent depuis le matin. Les patients passent après, souvent en dents de scie, entre espoir et désillusion.


Négligence et manque de professionnalisme


Le problème ne s’arrête pas là. Pendant les consultations, certains médecins n’hésitent pas à demander aux patients de les retrouver dans leur structure privée. L’image du médecin en prend un coup, et la confiance entre le patient et le soignant se délite. Pourtant, il n’y a pas photo : dans les cliniques privées, ces mêmes praticiens font preuve d’un professionnalisme impeccable. Les patients y sont bien accueillis, correctement examinés et écoutés.
Cette situation donne le tournis à quiconque espère un service de santé public fiable. Le double comportement des médecins montre une véritable absence d’éthique : violer le serment d’Hippocrate pour l’amour de l’argent devient une pratique banalisée.


Les conséquences pour les patients


Les conséquences pour les patients sont dramatiques. Certains voient leur état empirer à cause d’un retard de prise en charge. D’autres, à bout de nerfs après des heures de patience, finissent par perdre confiance dans le système de santé. D'autres encore sortent de là avec des complications plus graves; d'autres encore meurent en raison d'une prise en charge très tardive ou approximative. Le service public devient une mauvaise passe où les malades se sentent abandonnés, tandis que les cliniques privées deviennent un véritable havre de soin, mais accessible uniquement à ceux qui peuvent payer.
Le scandale est d’autant plus grand que la population se rend compte que ces mêmes médecins, grassement payés ailleurs, ne craignent rien face à la critique. L’impunité semble totale, et l’amour de l’argent surpasse le sens du devoir. Les hôpitaux publics, censés être des lieux de soin pour tous, deviennent le reflet d’un système en dents de scie.


Une image du médecin salie


Ce double standard a des conséquences durables sur l’image de la profession. Pour le citoyen lambda, le médecin public devient une figure distante, parfois froide, insensible à la souffrance. La belle carte à jouer qu’est la réputation des médecins est ainsi salie. Le public traverse une mauvaise passe et se demande si l’alignement des valeurs entre service public et privé n’est pas définitivement compromis.
Même ceux qui admirent la médecine voient le fruit de ce comportement : des files interminables aux urgences, des patients à bout de force et des soignants à bout de nerfs. Le secteur public file du mauvais coton, et les malades semblent condamnés à subir cette situation.


Les raisons derrière cette impunité


Pourquoi cette insensibilité perdure-t-elle ? L’attrait de l’argent et le prestige des emplois privés en sont des causes majeures. Les médecins, grassement payés dans le privé, ne craignent rien face aux conséquences de leur comportement dans le public. Le choix est vite fait : bien vivre et profiter de la bénédiction de revenus élevés plutôt que de rester à bout de force à soigner ceux qui passent en dernier.
Certains experts soulignent que cette impunité et ce manque de contrôle sur la pratique des médecins publics contribuent à maintenir le système dans un état précaire. Le public subit la double peine : attendre des heures, parfois subir des erreurs, et voir le même médecin offrir un service impeccable à ceux qui peuvent payer.


Vers une réforme nécessaire


Le constat est glaçant. Les hôpitaux publics gabonais sont devenus des lieux où l’amour de l’argent a pris le pas sur le serment d’Hippocrate. Les médecins, lorsqu’ils exercent dans le privé, démontrent qu’ils savent soigner correctement. Dans le public, beaucoup sont sur le fil du rasoir, à bout de force, et laissent les patients passer après.
Il est urgent que des mesures soient prises pour restaurer l’éthique et la discipline dans les services publics. Contrôle des horaires, sanction des abus, et valorisation du travail public pourraient redonner espoir aux patients. Sinon, le système restera un autel de la souffrance, et l’image du médecin continuera de traverser une mauvaise passe.

Par Pamphil

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