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QUI ÉTAIT CLAUDE PIVI?

QUI ÉTAIT CLAUDE PIVI?
Claude Pivi, ancien colonel et ministre de la Sécurité sous la junte militaire de 2008-2010, est mort mardi 6 janvier 2026 en détention, a annoncé le parquet général près la Cour d’appel de Conakry.

L’un des visages les plus symboliques de la répression des opposants en Guinée est décédé. Claude Pivi, ancien colonel et ministre de la Sécurité sous la junte militaire de 2008-2010, est mort mardi 6 janvier 2026 en détention, a annoncé le parquet général près la Cour d’appel de Conakry. Il souffrait de complications liées au diabète, selon les autorités judiciaires.


 Condamné pour crimes contre l’humanité


Claude Pivi, surnommé « Coplan », avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en juillet 2024 pour crimes contre l’humanité, suite à son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009 au stade du 28-Septembre à Conakry.


Ce jour-là, des dizaines de milliers de Guinéens avaient manifesté contre la possibilité pour le chef de la junte de se présenter à l’élection présidentielle prévue en 2010. La manifestation avait tourné au drame : au moins 156 personnes ont été tuées par balles, au couteau, à la baïonnette ou à la machette, des centaines d’autres ont été blessées et plus de 100 femmes ont été victimes de viols, d’après une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU.


Dans le jugement, le tribunal a retenu la responsabilité de commandement de Pivi dans ces violences, le jugeant parmi les principaux instigateurs de la répression.


 Arrestation, fuite et recapture


Après sa condamnation par contumace en 2024, Claude Pivi avait été évadé de la Maison centrale de Conakry en novembre 2023 lors d’un spectaculaire commando armé qui avait libéré plusieurs détenus célèbres. Il avait ensuite été interpellé au Liberia en septembre 2024 puis extradé vers la Guinée pour purger sa peine.


 Décès lié au diabète


Selon le communiqué du parquet, Pivi souffrait de plusieurs maladies chroniques, dont un diabète sévère, de l’hypertension et de la goutte, et bénéficiait d’un suivi médical régulier en détention. Cependant, une « non-observance du traitement » aurait entraîné le 4 janvier 2026 une hypoglycémie sévère, nécessitant son évacuation d’urgence vers l’hôpital militaire du Camp Almamy Samory Touré. Il est décédé de complications liées au diabète, entre autres facteurs, dans un coma hypoglycémique, malgré les soins prodigués. 


Une autopsie médico-légale a été ordonnée afin de préciser officiellement les circonstances exactes de son décès.


Réactions et opinion publique


L’annonce du décès de Claude Pivi a suscité des réactions contrastées en Guinée :




  • Pour les associations de victimes et des défenseurs des droits humains, la mort en détention d’un des principaux responsables du massacre marque une forme de justice accomplie, même si certains estiment que le procès n’a pas totalement fait la lumière sur tous les faits.




  • D’autres voix appellent à la transparence, estimant que la justice doit poursuivre les autres protagonistes du dossier afin que toutes les responsabilités soient établies dans ce qui reste considéré comme l’une des pages les plus sombres de l’histoire récente du pays.




Sur les réseaux sociaux et dans la rue, l’opinion publique guinéenne est partagée entre soulagement et frustration : soulagement qu’un condamné pour crimes contre l’humanité ne bénéficie pas d’une sortie « politiquement arrangée », frustration pour ceux qui pensent que la vérité complète sur les événements de 2009 n’a pas été pleinement révélée.

Par LINA M

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