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FRANCE : L’ÉTAT VEUT FAIRE TOMBER SHEIN — SUSPENSION RÉCLAMÉE APRÈS LA DÉCOUVERTE DE PRODUITS ILLICITES

FRANCE : L’ÉTAT VEUT FAIRE TOMBER SHEIN — SUSPENSION RÉCLAMÉE APRÈS LA DÉCOUVERTE DE PRODUITS ILLICITES
Le gouvernement français demande au tribunal judiciaire de Paris la suspension de Shein pour au moins trois mois, après la découverte de produits illégaux vendus sur la plateforme. L’État estime que Shein doit prouver sa conformité avant toute reprise normale, tandis que l’entreprise dénonce une mesure disproportionnée.

La France hausse brutalement le ton face à Shein. Le gouvernement a saisi le tribunal judiciaire de Paris pour demander la suspension du site pendant au moins trois mois, une mesure rare et lourde, visant directement l’un des géants mondiaux de la fast fashion. En cause : la présence répétée de produits illicites sur la plateforme, notamment des articles interdits à la vente en France.
Selon l’exécutif, ces dérives ne relèvent pas d’un accident isolé. L’État considère que Shein doit être stoppé temporairement afin de démontrer sa capacité à respecter la loi et à empêcher tout retour de contenus dangereux ou illégaux. Cette procédure s’appuie sur l’article 6.3 de la loi française sur la confiance dans l’économie numérique, et pourrait conduire les principaux fournisseurs d’accès à Internet à bloquer l’accès au site si le juge valide la demande.
Shein, de son côté, rejette l’accusation de laxisme. L’entreprise rappelle avoir déjà désactivé sa marketplace de vendeurs tiers en France le 5 novembre 2025, après un ultimatum des autorités, et affirme coopérer avec les régulateurs. Pour la firme, une suspension générale serait injustifiée et disproportionnée, car les produits incriminés auraient été retirés et des mesures correctrices engagées.
Cette offensive française s’inscrit dans un climat plus large : les plateformes chinoises d’e-commerce sont désormais sous surveillance intensive en Europe. Bruxelles a déjà demandé des explications à Shein dans le cadre du Digital Services Act (DSA), qui impose aux sites de commerce en ligne de limiter les risques systémiques, de mieux contrôler les vendeurs et de protéger les consommateurs. Le bras de fer français pourrait donc servir de test grandeur nature pour la régulation européenne.
Au-delà du volet juridique, la procédure a une portée politique et économique. La France veut envoyer un signal clair : les plateformes géantes ne peuvent plus prospérer en marge des règles, surtout quand il s’agit de produits mettant en danger la sécurité publique ou les mineurs. Le tribunal doit désormais trancher : faut-il suspendre Shein pour forcer une mise en conformité totale, ou juger la mesure excessive si l’entreprise a réellement corrigé le tir ? Décision attendue au terme de l’audience parisienne.

Par LINA M

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