PARTENARIAT ÉCONOMIQUE GAGNANT-GAGNANT
En visite officielle au Gabon hier, le président français Emmanuel Macron a longuement insisté sur les enjeux économiques au cœur de la relation entre Paris et Libreville. Dans une déclaration marquée par la volonté de moderniser les échanges entre les deux pays, le chef de l’État français a mis en avant plusieurs domaines prioritaires : infrastructures, énergie, industrie minière et investissements directs étrangers.
Selon lui, la transformation économique du Gabon constitue une opportunité pour renforcer un nouveau modèle de coopération. « La France est pleinement disponible pour accompagner cette ambition », a affirmé Emmanuel Macron.
Accélérer les infrastructures : eau, déchets et transport ferroviaire
L’un des points centraux évoqués par le président français concerne le développement des infrastructures. Emmanuel Macron a assuré que la France souhaitait désormais aller « plus vite » dans trois domaines essentiels : l’accès à l’eau potable, la gestion des déchets et les infrastructures de transport.
Il a insisté sur l’idée que plusieurs projets étaient déjà en cours de discussion entre les deux gouvernements et les entreprises françaises présentes au Gabon. « C’est exactement les discussions que nous avons eues avec nos entreprises, et on a fait avancer ensemble beaucoup de choses », a expliqué le président.
Le volet ferroviaire constitue l'une des annonces majeures de sa déclaration. Macron a confirmé la signature d’un contrat entre le ministre gabonais concerné et l’Agence française de développement (AFD). L’accord est soutenu financièrement par l’Union européenne et la France. Il doit permettre de relancer ou moderniser un réseau ferroviaire considéré comme stratégique pour le pays. Selon le chef de l’État français, le projet est « extrêmement structurant » pour l’économie gabonaise.
Un appui à la transformation des ressources naturelles
La question de la valorisation des ressources minières et énergétiques a occupé une bonne partie du discours présidentiel. Emmanuel Macron a estimé que le modèle dans lequel l’Afrique se contente d’exporter des matières premières n’est plus viable. « L’Afrique ne peut plus être un continent de simple extraction des ressources. On doit réussir à construire des nouveaux modèles », a-t-il déclaré.
À propos du manganèse — l’une des principales richesses naturelles du Gabon — le président français affirme que Paris souhaite accompagner la transformation locale de la ressource. Il évoque un suivi régulier des engagements : « Nous allons suivre ensemble tous les deux mois pour réussir à transformer davantage et créer plus de richesses dans votre pays »
Cet engagement s’inscrit, selon lui, dans un « partenariat gagnant-gagnant, respectueux des intérêts de chacun », qui doit attirer davantage d’investissements industriels et permettre la création d’emplois locaux.
Plus de 85 entreprises françaises actives au Gabon
Emmanuel Macron a rappelé la présence importante du secteur privé français dans l’économie gabonaise. Ce sont plus de 85 filiales françaises et des dizaines d’entreprises créées par des entrepreneurs français — parfois binationaux — qui participent déjà à l’activité économique du pays.
Selon lui, ces entreprises représentent « plus de 12 000 emplois majoritairement gabonais ». Dans le nouveau contexte politique et économique du pays, elles seraient prêtes à renforcer leurs investissements. Le président français a affirmé que « toutes veulent investir encore davantage » dans une logique de développement mutuel et de respect des intérêts nationaux gabonais.
Le rôle des financements internationaux
Au-delà des entreprises, Emmanuel Macron a mis en avant le rôle des institutions financières comme l’AFD et l’Union européenne. Leur contribution vise à soutenir la modernisation du Gabon, notamment dans le secteur du transport et dans celui de la gestion de l’eau et des déchets.
Il a insisté sur la nécessité que ces projets restent « cohérents et compétitifs », afin de garantir des investissements durables. Pour la France, l’enjeu consiste également à renforcer sa présence économique dans un pays riche en ressources et en potentiel de croissance.
Forêts et filières durables : un enjeu aussi économique
Bien que souvent perçues comme des questions environnementales, les politiques liées à la préservation des forêts ont aussi, selon Macron, un impact économique majeur. Il a rappelé que la France consacre les 60 millions d’euros de l’accord de conversion de dettes à la filière bois-forêt gabonaise.
Ce financement sert à encourager une exploitation durable, mais aussi à développer une industrie du bois plus performante, créatrice de valeur ajoutée au Gabon.
Un partenariat économique réinventé
Emmanuel Macron a insisté sur la philosophie générale qui guide désormais la relation économique entre les deux pays : « Nous portons sur le plan économique une ambition claire : nous inscrire dans le projet qui est le vôtre, avec responsabilité, honnêteté et respect mutuel »
La visite du président français ouvre ainsi une nouvelle étape pour la coopération économique entre le Gabon et la France, centrée sur les investissements, la transformation locale des ressources, et le développement des infrastructures essentielles. Selon Emmanuel Macron, le nouveau dynamisme économique du Gabon est non seulement visible, mais prêt à être accéléré.