LES SALAIRES DES DÉPUTÉS FONT DÉBAT
La période de transition parlementaire touche à sa fin. Le 17 novembre 2025 , les nouveaux députés prêteront serment et prendront officiellement leurs fonctions. Mais avant même leur installation, une décision fait déjà couler beaucoup d’encre : la revalorisation de leur indemnité mensuelle, désormais fixée à 2 millions de francs CFA. Une hausse qui divise, entre défense de l’autonomie du pouvoir législatif et dénonciation d’un privilège malvenu.
Pour le gouvernement, cette mesure obéit à une logique institutionnelle : offrir aux députés des moyens à la hauteur de leurs responsabilités. Ces derniers sont appelés à voter les lois, consentir l’impôt et contrôler l’action du gouvernement. Des missions essentielles au bon fonctionnement de la démocratie.
La pilule est amère
« Nous devons espérer que les futurs parlementaires sauront faire la part des choses entre loyauté politique et exigence républicaine »
estime un analyste politique. Dans un régime présidentiel, rappelle-t-il, le Parlement doit être un contre-pouvoir réel, non un simple relais de l’exécutif.
Mais du côté de l’opinion publique, la pilule est amère. Beaucoup dénoncent une augmentation jugée déconnectée de la réalité sociale.
« Si les députés voient leurs indemnités revalorisées, pourquoi ne pas faire de même pour les autres agents de l’État ? »
s’interroge un syndicaliste. La fonction publique civile, confrontée à des retards de salaires, des avancements bloqués et des recrutements gelés, continue de tirer le diable par la queue.
Les élus sont sollicités pour financer soins médicaux, funérailles ou scolarité
D’autres, plus nuancés, estiment que le député, en plus de son rôle institutionnel, endosse souvent des charges sociales non négligeables. Dans un pays où les citoyens sollicitent directement leurs élus pour financer soins médicaux, funérailles ou scolarité,
« il faut reconnaître que le député dépasse souvent le cadre de ses attributions »
confie un habitant de la capitale. Selon lui, l’augmentation peut se justifier si elle permet aux élus de mieux répondre aux attentes de leurs électeurs.
Dans un contexte de réduction du train de vie de l'Etat et dans la situation où la majorité de la population peine à joindre les deux bouts, cette hausse de 300 000 francs CFA fait figure d'injustice pour beaucoup.